Vers une douzaine de films Amazon au cinéma chaque année ?

© Montage Boxoffice Pro

Le géant du numérique prévoit d’investir annuellement un milliard de dollars dans la production de longs métrages destinés aux salles de cinéma. Une nouvelle étape qui offre des perspectives bienvenues face à la baisse du nombre de films des studios.

D’après le magazine économique spécialisé Bloomberg, citant des sources proches de la firme, Amazon serait sur le point d’accélérer sur la distribution salle, avec le plan de produire chaque année, pour un milliard de dollars, entre 12 et 15 films pour une exploitation dans les cinémas américains. Le géant, qui porte déjà la casquette de distributeur sur le territoire (Annette de Leos Carax par exemple), envisagerait donc de poursuivre cette activité en menant un certain nombre de ses productions vers les salles. Un rythme destiné à augmenter au fur et à mesure de celui de sa production, avec l’idée d’atteindre un line-up quantitativement similaire à celui de Paramount, et d’accroître ses recettes de 15 à 20 %. 

Il s’agirait là du plus grand engagement témoigné par un acteur majeur du streaming envers la salle obscure. Jusqu’à présent, les relations plateformes/exploitants se sont cantonnées à des sorties sur un temps et un nombre de copies limités. Dernier exemple en date : ce mercredi 23 novembre, Netflix lance pour une semaine Glass Onion : Une histoire à couteaux tirés, la suite de Knives Out (313 millions de dollars de recettes en salles en 2019) dans 600 salles américaines et certains territoires internationaux, avant sa mise en ligne le mois prochain. La perspective de disposer d’une dizaine de films d’Amazon permettrait en tout cas à l’exploitation de compenser le déficit de films produits par les studios historiques. À très court terme, elle a surtout rassuré la bourse, le leader de l’exploitation américaine AMC ayant vu ses actions grimper de 9,2 %, quand celles de Cinemark ont bondi de 12 %, dans un contexte globalement plus favorable à la salle, entre le démarrage réussi de Black Panther : Wakanda Forever et la sortie prochaine d’Avatar : La Voie de l’eau.

S’il venait à se confirmer, ce virage amorcé par Amazon viendrait renforcer le rôle prépondérant de la salle de cinéma, qui signe un retour en grâce également auprès des studios historiques, à l’image de la fin du day-and-date chez Warner Bros Discovery décrété par son nouveau PDG David Zaslav, ou du retour de Bob Iger aux manettes de Disney, davantage “salle-friendly” que son prédécesseur Bob Chapek. Depuis un an, les énormes succès de Spider-Man : No Way Home (près de 2 Mds$ de recettes monde) et de Top Gun : Maverick (environ 1,5 Md$) ont démontré la capacité des cinémas à créer de la valeur autour d’un film, dans des proportions décuplées par rapport à tout autre média.

Quid de la France ? Cette nouvelle stratégie d’un acteur mondial devrait logiquement se généraliser dans l’ensemble des territoires où est implanté Amazon. Mais dans l’Hexagone, la firme de Jeff Bezos sera confrontée à la chronologie des médias, avec des délais jugés trop contraignants par certaines plateformes. Bien que l’éventualité de voir des films Amazon sortir en France soit encore loin de se concrétiser, nul doute qu’elle permettra d’alimenter les discussions qui doivent se poursuivre autour de la chronologie, avec notamment la clause de revoyure de janvier prochain en ligne de mire.

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