CinéAlpes, l’histoire d’un circuit familial majeur

Ciné Mazarin de Nevers

Du premier projecteur acheté en 1939 à l’ouverture d’une salle IMAX Laser en 2018 dans son multiplexe de Tours-Nord, CinéAlpes représente la success story d’un petit circuit savoyard familial devenu grand.

CinéAlpes a longtemps rimé avec Gérard Davoine, dont la carrière a épousé l’aventure du cinéma et de la société française du milieu du XXe siècle jusqu’au début du XXIe. Il tombe dans l’exploitation très jeune, juste avant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’il aide son oncle qui a convaincu les commerçants de Bourg-Saint-Maurice (Savoie) de mettre au pot pour l’achat d’un projecteur et la création d’une première salle de cinéma. Les bombardements italiens auront raison de cette salle, totalement détruite à l’exception du projecteur ; les projections peuvent donc reprendre très vite dans une salle de l’hôtel du centre-ville, mise à disposition par son propriétaire. Après la guerre, alors que ce dernier souhaite reprendre l’affaire, l’évêque de la commune voisine de Moutiers rachète le projecteur pour le mettre à la disposition de Mme Davoine, mère de Gérard, à une condition : organiser des séances conformes à la bonne moralité.

Gérard Davoine n’a que 18 ans lorsqu’il se lance véritablement, en rachetant à son tour la matériel de projection à l’évêché. Il se retrouve alors en charge de la salle de Bourg-Saint-Maurice qui appartenait à sa mère. La construction du barrage de Tignes, de 1945 à 1952, lui donne l’occasion d’ouvrir un second cinéma, dont les principaux clients sont les 5 000 ouvriers du chantier auxquels EDF souhaite offrir une distraction. Puis c’est le congrès mondial du ski à Val-d’Isère qui lui offre l’opportunité d’exploiter une nouvelle salle, municipale, construite sur ce site pour l’occasion.

Un circuit familial tourné vers la modernité

Line Davoine rejoint l’aventure familiale en 1980 en tant que programmatrice, alors que le circuit, baptisé CinéAlpes depuis 1982, développe parallèlement à ses cinémas de stations de sports d’hiver des équipements dans les villes moyennes à proximité des Alpes et au-delà (Annecy, Grenoble, Lyon, Nevers, Besançon, Dijon…). Elle reprendra tout naturellement le flambeau à la mort de son père en 2011 ; en 2015, son neveu Romain Davoine rejoint à son tour l’aventure familiale et devient directeur des opérations.

Line Davoine et son neveu Romain.

Dans les années 2000, les Davoine sont parmi les premiers à s’engager dans le virage des multiplexes, avec un premier établissement dès 1998 à Quetigny (Le Ciné Cap Vert banlieue est de Dijon), Aubière (Ciné Dôme, au sud de Clermont-Ferrand) et Brest (Multiplexe Liberté), puis dans les années 2010 à Mâcon (le Cinémarivaux), à Nevers (Le Mazarin), à Aurillac (Le Normandy) et dernièrement à Tours. Le circuit continue de montrer son intérêt pour les nouvelles technologies en développant avec force la billetterie en ligne sur son réseau et en étant le premier indépendant à inaugurer une salle IMAX à Tours en octobre 2018. Romain Davoine nous apprenait alors son intention d’ouvrir deux autres salles premium IMAX Laser au Ciné Dôme d’Aubière et au Ciné Cap Vert de Quetigny. 

CinéAlpes, qui a toujours conservé son origine montagnarde dans son nom, s’était ainsi recentré sur les villes. Depuis la cessation d’activité du Devosge de Dijon (5 salles art et essai) fin juillet, le circuit disposait de 13 cinémas et 105 écrans. Sa négociation exclusive pour son acquisition par Les Cinémas Pathé Gaumont a été officialisée ce 27 septembre.