Ciné Alpes s’implante à Mâcon

Le mercredi 6 mars, le multiplexe Cinémarivaux ouvrait grand ses portes aux Mâconnais et aux autres. Il s’agit du 5e multiplexe du groupe Davoine et le 2e qu’il ouvre en six mois après celui du Ciné Mazarin de Nevers. Il a été conçu et réalisé par le cabinet d’architecture Yann Lecoq. Petit travelling d’ouverture…

À l’origine, préexistaient les cinémas centraux Le Cordeliers et Le Marivaux, qui jouissaient chacun de trois salles. Il était convenu qu’ils fermeraient à l’ouverture du multiplexe, « afin de tabler sur une seule offre de qualité », tel que l’expose Guillaume Fourrière. « Ainsi, de la fusion de ces deux cinémas sont issus 11 écrans, proposant des films grand public et art et essai, car le Marivaux était déjà classé. » Et parce que « la demande de qualité était accrue, il fallait y répondre en conséquence ». Aussi, au-delà de vouloir pérenniser l’activité, l’objectif était d’amplifier son potentiel. Interrogé également, Thomas Graux, responsable de l’exploitation et de la programmation, souligne l’implication personnelle de Line Davoine qui s’est «notamment investie dans la décoration du site. En participant de plus aux réunions de chantier et au choix des entreprises, assurément elle a apposé son empreinte.L’établissement jouit d’une superficie de 6000 m2 de plein pied. Situé en bord de Saône, nous avons dû respecter la législation concernant les crues et surélever l’établissement de 1,4m par rapport au sol naturel. Nous en avons profité pour aménager un parking de 220 places sous le cinéma en complément de celles existant en surface. Tout le stationnement est gratuit.» La recette d’un succès espéré ? «Un équipement flambant neuf pour la projection numérique et la 3D, associé à une programmation très diversifiée.» Un double enjeu pour Guillaume Fourrière, puisque «tout reste à inventer!»

Union du Grand public et art et essai

Pas de ligne éditoriale à signaler, «sinon que le Cinémarivaux est régi par l’ambition de brasser un large public». En matière de politique de programmation, il s’agira à la fois de s’inscrire dans une forme de continuité au regard de ses deux prédécesseurs, en maintenant les exigences artistiques, tout en composant avec un accès aux films qui est plus important. Le fait est que «la population de Macon est cinéphile. Sa relation au 7ème Art étant intrinsèquement prospère, elle sollicite volontiers une offre cinématographique». Le public se profile ? On ne peut pas formellement dresser une typologie de public, dans la mesure où l’établissement fait la part belle à tous les genres cinématographiques. «Il est hétéroclite: actifs, retraités, enfants,… tous sont bienvenus; aucune catégorie n’est exclue. Notre mission est de nous adresser à tout le monde, mais nous aimerions attirer davantage une audience jeune. Il convient aujourd’hui de nous poser la question de ce jeune public. C’est un enjeu essentiel.» D’où la perspective de générer plus de liens avec celui-ci. En disposant de la 3D, le Cinémarivaux détient un «argument» attrayant qui saura parler à ces spectateurs. «Une autre spécificité à prendre en compte, c’est qu’il y a très peu de public étudiant, ce qui joue indubitablement sur la programmation et les horaires de projection.» Enfin, tout est pensé afin que ce cinéma soit fréquenté par toutes les classes sociales.

Objectif : fidéliser le public

«Force de proposition en matière d’animation, le cinéma s’appuie en outre sur la participation d’adhérents.» Et d’ajouter qu’«un système de carte blanche avec le théâtre voisin a été mis en œuvre.» En effet, à partir des coups de cœur dispensés par les divers acteurs de ce dernier, des rencontres et autres événements sont désormais aménagés. Sur cet aspect, le directeur s’exprime en ces termes: «C’est une démarche qu’il me plaît de mener, et que je sais faire. Bien que rompu à la gestion, mon CV arbore un créneau d’animateur culturel.»

On en parle…

Une communication qui repose sur «l’infrastructure du bâtiment en lui-même, ainsi que sur le matériel, qui bénéficie de toutes les dernières technologies. L’optimisation de l’accueil, de l’aménagement comme de la projection lui assurera son succès. Notons par ailleurs qu’il est «le seul multiplexe à soixante kilomètres à la ronde, se positionnant comme le premier en Saône-et-Loire.» De plus, son ouverture aura été fort bien relayée par les médias, et ce grâce aux déjà multiples manifestations qui s’y sont tenues. De quoi installer durablement le Cinémarivaux en haut de l’affiche. À ce titre, Guillaume Fourrière explique: «Alors que nous comptabilisons près de 200 000 entrées par an, nous envisageons de doubler ce chiffre, soit une fréquentation de 400000 spectateurs.» Thomas Graux notifie à ce propos: «Les premiers chiffres de fréquentation parlent d’eux-mêmes et laissent entrevoir le champ des possibles, puisque la première semaine, nous enregistrions 8 290 entrées. Et 14 350 au cours de la seconde, qui coïncide avec l’opération Le Printemps du Cinéma. Des résultats qui sont exceptionnels pour une ville de la taille de Mâcon! Un démarrage plus que satisfaisant qui révèle bien que le cinéma trouve d’ores et déjà sa place.» Le Cinémarivaux, sis sur l’Axe Paris-Lyon, qui bénéficie initialement d’un emplacement propice à contenter les spectateurs, devrait ultérieurement accroître sa zone de chalandise. La proximité d’un théâtre et d’un bowling devrait somme toute l’asseoir définitivement en pôle de loisirs.