Pascal Rogard et Jérôme Seydoux appellent à « une profonde modernisation de notre système de soutien à la création »

Pascal Rogard et Jérôme Seydoux © Denis Guignebourg/Bestimage

Dans une tribune publiée dans Le Monde du 13 février, le directeur général de la SACD et le coprésident de Pathé estiment que les nouveaux devoirs des plateformes doivent leur ouvrir de nouveaux droits.

Dressant le bilan de la fermeture des cinémas en 2020, « qui laissera des traces profondes » sur le secteur, Pascal Rogard et Jérôme Seydoux se félicitent de « l’appétit des Français pour le cinéma que la crise due au Covid-19 n’a pas démenti », et notamment le succès des films français à la réouverture des salles. Mais pour les auteurs de la tribune, « le retour à la vie du cinéma devra s’accompagner d’une profonde modernisation de notre système de soutien à la création, unique au monde, efficace pour soutenir la diversité mais qui court aujourd’hui le risque de ne pas embrasser suffisamment l’avenir et de s’essouffler face à l’économie et aux acteurs du numérique ».
Ainsi, s’ils se réjouissent des prochaines obligations de financement de la création par les acteurs du numérique, « s’arrêter au milieu du gué de la réforme serait une erreur que notre cinéma et notre audiovisuel pourraient payer très cher, et, avec eux, tous ceux qui les font vivre », alertent le directeur général de la SACD et le coprésident de Pathé. Ils émettent donc plusieurs propositions, « tenant compte du nouveau partenariat construit avec les Netflix et autres plates-formes, dont les nouveaux devoirs doivent aussi donner lieu à de nouveaux droits ».

Ouvrir le compte de soutien aux producteurs qui travaillent avec une plateforme

La première direction « est de tourner la page de cette chronologie des médias, figée dans un temps qui n’est plus. Elle doit mieux tenir compte du prix payé par le public pour accéder à une œuvre. Favoriser leur diffusion légale doit aussi avoir pour corollaire un nouvel engagement de l’État pour lutter plus efficacement et plus activement contre la piraterie ».
Mais les auteurs de la tribune vont plus loin, en préconisant « d’ouvrir enfin, dans le cadre de la réforme des soutiens et des aides du CNC, aux producteurs audiovisuels indépendants l’accès au compte de soutien quand ils travaillent avec une plate-forme. Qui peut comprendre le maintien d’une telle règle alors que les services de VOD ne payaient pas la taxe due au CNC ni n’avaient d’obligations de financement de la création ? »
Pour Pascal Rogard et Jérôme Seydoux, « la modernité ne peut pas être d’intégrer les grands acteurs du numérique dans le financement des œuvres et de punir ceux qui auraient l’audace de collaborer avec eux. Ce serait donner raison à ceux qui font passer leur désir de protectionnisme et la volonté de préserver leurs prés carrés pour un ambitieux combat désintéressé pour la souveraineté culturelle. Ce serait aussi fragiliser toute la politique d’exception culturelle, patiemment construite par notre pays, et qui ne se marie ni avec la logique de l’exclusion ni avec celle de la punition. »

La tribune est à lire en intégralité sur le site Le Monde.

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