La nouvelle chronologie des médias, « un accord historique gagnant-gagnant » pour Roselyne Bachelot

Les professionnels du cinéma, les chaînes de TV et les SMAD entourent Roselyne Bachelot, lors de la signature de la nouvelle chronologie des médias. ©Thibaut Chapotot

Les professionnels de l’exploitation et de la distribution cinéma, ainsi que la ministre de la Culture, réagissent à l’accord signé rue de Valois.

« La pierre capitale de l’accord, c’est la nécessité absolue de préserver ce capital culturel et économique qu’est la salle de cinéma dans notre pays », s’est félicitée Roselyne Bachelot, au sortir de la signature de la nouvelle chronologie des médias ce lundi 24 janvier. Outre la première fenêtre «  strictement préservée » de quatre mois des salles de cinéma, la ministre de la Culture se réjouit de la préservation de la fenêtre des télévisions gratuites « qui sont parmi les premiers financeurs du cinéma français ». L’entrée « substantielle » des plateformes streaming dans la chronologie des médias après la mise en œuvre de leurs obligations de financement du cinéma et de l’audiovisuel français est, selon la ministre, « un accord historique gagnant-gagnant ».  

« La salle de cinéma reste, en France, le lieu ou une œuvre audiovisuelle devient un film », a, de son côté, souligné le président de la FNCF Richard Patry, pour lequel la préservation de l’exclusivité de 4 mois de la fenêtre salle « réaffirme l’exception culturelle française. Nous avons réussi à intégrer les nouveaux entrants – jusque-là réfractaires à partager leurs œuvres avec le public de la salle –, tout en préservant la place des anciens et en augmentant la capacité de financement du cinéma français ». 

Victor Hadida, au nom de la Fnef, se dit tout aussi « heureux d’être arrivé à cette conclusion, nécessaire à l’écosystème de production et diffusion des films ». Face à la restriction de la fenêtre vidéo, les distributeurs restent toutefois extrêmement attentifs à la défense des marchés secondaires (comme la vidéo) qui leur permettent de préserver leur capacité d’investissement dans le cinéma « et de compenser leurs risques ». La Fnef continuera à mobiliser le gouvernement dans la lutte contre le piratage, « le fléau majeur qui fait que la dégradation de valeur est d’autant plus inacceptable », d’autant plus « dans le contexte actuel de fragilisation du marché ». Le tout, avec le souci de pouvoir continuer à être, pour la filière distribution, « un partenaire important des producteurs dans le financement des œuvres ».  

La signature de la nouvelle chronologie des médias s’est tenue ce matin au ministère de la Culture. ©Thibaut Chapotot

Pour les représentants de la distribution indépendante, Carole Scotta du Dire se réjouit d’abord que « le cinéma ait montré sa capacité à se mettre autour d’une table et à parler d’une seule voix. Cet accord nous rassemble et nous permet de penser à l’après, de nous préparer à d’autres mutations ». « Il y a eu bien sûr des compromis », ajoute le président du SDI Étienne Ollagnier, mais « le fait d’intégrer de nouveaux acteurs, qui auraient pu représenter un danger, est plus que symbolique. Et de façon générale, cet accord laisse entendre que l’avenir sera toujours construit autour d’une chronologie des médias ». De fait, pour les distributeurs indépendants, il est important que cet accord prenne en compte la diversité des films comme des lieux où ils sont diffusés, « y compris la fenêtre de la vidéo, encore vitale pour nous », souligne Étienne Ollagnier.

Et si le rôle du distributeur en salle est reconnu comme étant « le début de tout ce qui se passe ensuite, de ce qui valorise les œuvres », Carole Scotta regrette que les accords autour de la nouvelle chronologie aient mis l’accent sur les préachats et le financement de la production, « moins sur les achats après la sortie salle, qui pour nous sont essentiels ». Parmi les gros dossiers de la distribution indépendante, après celui de la chronologie des médias, reste celui de la régulation et des engagements de programmation, et celui, encore plus « urgent », de la mise en œuvre de nouvelles enveloppes d’aides dans un contexte où la fréquentation des films d’auteur « n’est pas à niveau » et le retour de son public « toujours à travailler ».   

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