Netflix veut bien produire des films français, mais en bénéficiant des aides du CNC

Ted Sarandos, CEO de Netflix © Dominique Jacovides/Bestimage.

Le géant du streaming demande que ses productions bénéficient du compte de soutien du CNC et du crédit d’impôt. 

Dans un avis rendu à la Commission européenne, qui elle-même devait formuler ses observations à la France sur le projet de décret SMAD, rapporté la semaine dernière par La Correspondance de la presse, le patron de Netflix Ted Sarandos confirme son engagement à participer au financement d’œuvres européennes et notamment françaises, mais demande en conséquence que ses producteurs aient accès au compte de soutien du CNC et au crédit d’impôt audiovisuel. Des aides qui, pour rappel, sont actuellement réservées aux productions préfinancées par un diffuseur français. 

« Cette discrimination relative au financement des œuvres audiovisuelles indépendantes existe alors que les services étrangers acquittent la taxe sur la diffusion en vidéo physique et en ligne de contenus audiovisuels, qui alimente le fonds de soutien du CNC », estime le géant du streaming. Sachant que dans le décret SMAD, les plateformes devront respecter « leurs obligations en matière de production indépendante », comme l’a souligné le CSA dans son avis favorable sur le texte publié le 24 mars

Si la demande de Netflix ne va pas manquer d’irriter un peu plus les chaînes historiques françaises, déjà fragilisées par la concurrence des plateformes en général, elle serait appuyée, d’après Les Echos, par plusieurs organisations de producteurs audiovisuels (SPI, Spect, USPA, AnimFrance, etc.), qui ont transmis un courrier en ce sens au CNC. « Sans aide publique, les plateformes vont certainement refuser d’appliquer leurs obligations à l’égard de la production indépendante et le décret SMAD ne profitera pas à l’écosystème de la production indépendante », résume Stéphane Le Bars, délégué général de l’USPA (Union syndicale de la production audiovisuelle) dans le magazine économique. Selon les calculs de l’USPA, le soutien du CNC représente environ 10 % d’une œuvre de fiction et avec le crédit d’impôt, on arrive à plus de 30 %.

S’il est trop tôt pour connaître l’avis du CNC, dont les ressources ont été mises à mal en cette année de crise sanitaire, le CSA considère lui aussi que son soutien a « vocation à être progressivement étendu aux œuvres financées par les éditeurs soumis au décret SMAD ».

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