L’emploi dans les salles de cinéma en 2021

Toujours face aux conséquences de la crise du Covid-19 – et malgré la revalorisation du barème national des salaires de la branche et leurs efforts pour soigner l’attractivité de leurs métiers –, les cinémas français peinent à redevenir des viviers d’emplois, notamment pour les jeunes. 

Un rebond à la réouverture des salles…

D’après la nouvelle Géographie du cinéma publiée par CNC, après l’année 2020 marquée par une forte baisse de leur nombre dès le premier confinement (-15,3 % en avril 2020 par rapport à mars 2020), les effectifs salariés du secteur ont augmenté en deux temps en 2021. Lors de la réouverture des salles bien entendu (entre avril et juillet), puis à l’automne, parallèlement à la sortie des trois titres les plus fédérateurs de 2021 : Dune, Mourir peut attendre et Spider-Man : No Way Home

… mais à un niveau inférieur à celui d’avant-crise 

En décembre 2021, le secteur de l’exploitation cinématographique comptabilisait 9 775 salariés. Il s’agit certes là du niveau le plus élevé observé depuis le début de la crise, mais il est 8,6 % en dessous des effectifs d’avant pandémie (notamment de décembre 2019). Sur la période 2012-2021, l’emploi dans le secteur de l’exploitation cinématographique a ainsi baissé de 16,3 %, à 12 835 salariés sur l’ensemble de l’année 2021.

En 2021, le secteur de l’exploitation cinématographique emploie près de 2 500 salariés de moins qu’en 2012.

Géographie du Cinéma 2021, CNC

– 15 % de la masse salariale en dix ans

En 2021, le secteur de l’exploitation a dégagé une masse salariale de 176,5 M€. Si cette baisse de 15 % est légèrement plus contenue que celle des effectifs, elle est aussi contraire à la tendance observée dans les autres secteurs cinématographiques, dont les masses salariales ont globalement – et malgré la pandémie – augmenté entre 2012 et 2021 : +31,1 % pour les entreprises déclarées sous un code d’activité de distribution et +42,5 % pour celles déclarées en production cinématographique.

Moins de femmes et de jeunes

Majoritaires avant la pandémie (représentant jusque 51,9 % des effectifs en 2015), les femmes ont constitué moins de la moitié des effectifs en 2021 (49,4 %). Entre 2012 et 2021, la baisse de leur nombre atteint -18,5 % (contre -13,9 % pour les hommes). 

Aussi, sur l’année écoulée, l’âge moyen des salariés permanents du secteur atteint 34 ans, soit deux ans de plus qu’au début de la décennie. « Le relatif vieillissement des effectifs s’explique notamment par l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les emplois CDD, composés en partie d’emplois jeunes et étudiants », observe le CNC. Les femmes sont, en moyenne, plus jeunes (32,9 ans) que les hommes (35,4 ans).

Pour rappel, plusieurs actions ont été entreprises pour soutenir les jeunes exploitants, dont les prêts participatifs facilitant leur acquisition de petites salles, la commission de réflexion des jeunes exploitants de la FNCF, ou encore le réseau EVE à destination des jeunes exploitantes.

Un écart salarial hommes/femmes persistant…

En 2021, une femme en CDI gagne, en moyenne, 11 % de moins qu’un homme dans l’exploitation cinématographique.

Géographie du Cinéma 2021, CNC

En 2021, le salaire annuel brut moyen pour un salarié permanent en équivalent temps plein (25 172 €) demeure inférieur de 9,5 % à celui constaté en 2012 (-20 % par rapport à 2019). Ce niveau est largement tributaire des mesures d’activité partielle mises en place pour pallier la fermeture des salles – en 2020, le salaire annuel brut moyen d’un équivalent temps plein avait baissé de 41,6 % par rapport à 2019, à 18 372 € par an.

Restent les différences salariales entre hommes et femmes, et ceci quel que soit le type de contrat. En 2021, le salaire annuel brut d’une femme permanente est inférieur de 4,8 % à celui d’un homme si elle est en CDD, et de 11,1 % si elle est en CDI. Toutefois, il y a dix ans, en 2012, l’écart était de 8,2 % pour les CDD et de 14,1 % pour les CDI. 

À noter toutefois que, pour la première fois de la décennie, deux catégories professionnelles présentent des écarts plus favorables aux femmes : les non cadres en CDD (+2,5 % par rapport aux hommes) et les agents de maîtrise en CDI (+0,8 % par rapport aux hommes).

La Géographie du cinéma 2021 dans son intégralité par ici.