Le président de la FNCF réagit aux velléités d’aménagement de la chronologie des médias

© Jean-Luc Mege Phototography 2018 pour FNCF

[EXCLUSIF] Face à la crise sanitaire du Covid-19, entre propositions officielles d’associations de producteurs, initiatives particulières de distributeurs et bruits de couloir sur les réflexions du CNC, les requêtes de dérogations se multiplient. Bien que sensible aux problématiques d’exploitation des films déprogrammés, Richard Patry reste ferme sur la nature exceptionnelle de leur éventuelle exploitation anticipée en VOD.

Dans son évaluation de la situation, le représentant des cinémas français distingue deux cas : 

  • aux films sortis avant la fermeture des cinémas, et nécessitant une dérogation à la loi en cas de sortie VOD, la FNCF oppose un non catégorique. « Nous sommes pour une solidarité de la filière, déclare Richard Patry, mais gâcher la chronologie des médias serait une erreur très dommageable. » Relevant la nécessité et l’importance d’un fonds spécial pour aider les distributeurs, le président de la Fédération en appelle aux exploitants pour reprogrammer, dès la reprise d’activité, les films dont la carrière a été interrompue ;
  • concernant les films qui ne sont pas encore sortis et dont la diffusion VOD pose moins de problèmes légaux, Richard Patry garde la même position. « Je n’y suis personnellement pas favorable non plus. Mais si certains films décident de sortir en VOD, je suis pour qu’ils conservent leur aide au compte de soutien. »

Dans tous les cas, la Fédération sera attentive à ce que « ces adaptations soient contraintes à la période concernée actuelle. »

Richard Patry rappelle en outre que le récent passage en clair de Canal+ correspond aussi à un bouleversement de la chronologie des médias et que c’est avant tout la VOD payante qui pâtira de la multiplication de l’offre de films gratuits. « Mais attention, les tournages sont aussi interrompus, ce qui veut dire que nous allons manquer de films en 2021 », ajoute le représentant des exploitants, qui milite pour un décalage des sorties sur la période de réouverture.

 « Le cinéma, c’est dans la salle ; ne faisons rien pour que le gens n’aient plus envie d’aller dans les cinémas à leur réouverture. J’en appelle à la solidarité de la filière, comme celle dont nous avons fait preuve pendant toute cette période, et qui risque d’être rompue par certains qui essaient d’en profiter pour changer ce qui est établi. Pas de précipitation. Il faut raison garder ! »

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