L’Acid regrette la sortie directe en VOD d’un de ses films cannois

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Down With the King, présenté lors de l’Acid Cannes et Grand Prix à Deauville en 2021, est disponible en vidéo à la demande depuis le 12 septembre, sans être passé par la salle de cinéma. 

C’est un choix d’une « grande brutalité » que dénonce L’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion : le film du Français Diego Ongaro, avec le rappeur américain Freddie Gibbs, n’aura donc pas les honneurs du grand écran, malgré ceux rendus lors de deux grands festivals prestigieux. 
« À l’été 2021, nous nous réjouissions de nous retrouver lors d’un Festival de Cannes portant les stigmates de la pandémie de Covid et des conséquences qu’elle avait engendrées, à savoir une trop longue fermeture des salles », rappelle l’Acid, qui avait cette année-là sélectionné Down With the King parmi sa programmation de 9 films, dans l’idée qu’il trouve un distributeur français. 

« Nous ne pouvons aujourd’hui que regretter que ce très beau film, Grand Prix du Festival de Deauville après son passage à Cannes, n’ait pas eu la possibilité d’être diffusé à des spectateurs dans l’écrin indépassable d’une salle obscure. Ce choix n’est pas le fait d’un cinéaste qui aurait, nous le savons, eu la joie et la fierté de confronter son travail au regard d’un public exigeant, curieux, avide de rencontre avec des œuvres qui battent en brèche les formats normés qu’on tente de lui imposer toujours un peu plus », déplorent dans leur communiqué les cinéastes de l’association, dont la vocation est de soutenir et d’accompagner la diffusion des films indépendants en salles, notamment lors de rencontres avec le public.

Pour eux, « un film a été pensé dès le début pour être projeté dans une salle de cinéma et non sur les écrans trop étroits de nos salons et autres ordinateurs », une expérience qu’ils jugent « à la fois malheureuse et d’une grande brutalité ». D’abord parce que trop souvent, « les cinéastes se trouvent dépouillés de leurs œuvres par des choix financiers qui ne tiennent aucun compte de leur désir, de l’énergie déployée à leurs réalisations ». Et ensuite « comment ne pas prendre cette absence comme le signal d’un appauvrissement de la diversité de l’offre en salle, dont les spectateurs font les frais ? », s’interrogent les cinéastes de l’Acid, estimant qu’ « en les privant de récits qui ne s’éprouvent pleinement qu’au cinéma (et nulle part ailleurs), ce sont nos imaginaires que l’on réduit à de simples et interchangeables produits de consommation.
Diego Ongaro avec Down With the King faisait l’exact pari inverse. »