Festival Netflix : la FNEF en appelle à une réponse politique

Le président de la FNEF aux côtés de celui de la FNCF, au Congrès des exploitants 2021 à Deauville © Jean-Luc Mege Photography

La Fédération nationale des éditeurs de films s’exprime à son tour sur le projet de la plateforme et de certaines salles, et demande au CNC de prendre ses responsabilités. 

« Le projet de la plateforme Netflix d’organiser prochainement un ensemble de projections d’oeuvres audiovisuelles dans des salles de cinéma à une période de forte fréquentation suscite, à très juste titre, de vives inquiétudes » rappelle la FNEF en faisant référence aux réactions des organisations d’indépendants qui l’ont précédée, celles du DIRE et du SDI puis de l’ACID. Mais pour la Fédération nationale, il ne s’agit pas de juger « la pertinence du projet », ni « la qualité respective des œuvres cinématographiques et des œuvres audiovisuelles ».

L’organisation estime en effet qu’il « s’agit de respecter l’économie de deux modèles de création et de diffusion, celui de l’audiovisuel et celui du cinéma. Deux modèles complémentaires mais différents, qui reposent sur des opérateurs économiques et des temporalités différents, notamment par le biais de la chronologie de diffusion et des obligations de contribution ». Mais la question n’est pas tant juridique selon la Fédération, « c’est pourquoi la réponse ne peut être que politique ».

Soulignant le contexte de crise qui a modifié le comportement des spectateurs et fragilisé la situation des éditeurs, et alors que tout le secteur négocie collectivement sur la chronologie des médias et l’application du décret SMAD, la FNEF en appelle donc à la responsabilité de tous les acteurs participant à ce projet de festival.

D’abord à celle des exploitants concernés, liés prioritairement aux éditeurs de films et pour lesquels il est « contreproductif » de promouvoir en salle des œuvres déjà disponibles sur une plateforme, d’autant plus que « les éditeurs de films ont été aux côtés des exploitants durant toute la crise sanitaire et continuent d’investir dans les films qui seront la programmation des salles semaine après semaine ».

C’est aussi, bien sûr, la responsabilité de Netflix, au moment où la filière s’efforce de l’accueillir au sein de l’écosystème français « qui est un bien commun » ne pouvant être remis en cause.

Mais la FNEF en appelle aussi à la responsabilité du Ministère de la Culture et du CNC, « garant de la bonne utilisation des visas temporaires d’exploitation mais aussi de la pérennité du secteur et du respect des règles ». C’est en effet l’autorité du cinéma qui choisira d’autoriser, en accordant ou pas ces visas temporaires, des projections en salles de films Netflix. 

Et la Fédération de conclure : « Audiovisuel et Cinéma peuvent harmonieusement se nourrir l’un l’autre, nul besoin qu’ils se cannibalisent » 

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