Après la décision du Conseil d’Etat, la Culture veut maintenir la pression

©Tanguy Colon

Lors d’une conférence de presse ce matin, les organisations culturelles à l’initiative du référé liberté entendent poursuivre leur mobilisation commune pour faire valoir les droits de la Culture.

38 organisations culturelles composées de syndicats professionnels et de salariés du spectacle vivant et du cinéma, ont donné une conférence de presse commune ce matin afin de réagir à la décision du Conseil d’État. Si toutes reconnaissent que l’ordonnance de la juridiction témoigne d’une écoute inédite des revendications de la Culture et fait jurisprudence, la mobilisation reste nécessaire. Pascal Rogard, directeur général de la SACD concède : « Nous avons eu la meilleure décision dans les circonstances présentes. Les mesures prises contre la Culture ont été jugées illégales. » Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français abonde « Cette décision agit comme un guide, (…). Aucune raison d’attendre que les lieux de culture rouvrent lorsque la situation sera améliorée ».

Nouveau rassemblement le 7 janvier

Pour le spectacle vivant, l’urgence est de « travailler à nouveau, payer des cotisations sociales ! », exprime Yannis Jean de la SCC (Syndicat des cirques et compagnies de création) et pour cela chacun appelle à la mobilisation. « Nous allons continuer à faire valoir nos droits. » Alors que le rassemblement du 15 décembre a mobilisé plus de 10 000 personnes à Paris et plusieurs autres milliers en régions, Denis Gravouil, de la CGT Spectacles, évoque une nouvelle manifestation le 7 janvier, jour de la clause de revoyure. Quant à la FNCF, les rendez-vous avec le gouvernement sont pris toutes les semaines dès le 7 janvier « Désormais, nous avons une checklist à valider qui est beaucoup plus claire pour la réouverture », résume Marc-Olivier Sebbag, délégué général. Le monde de la Culture fait front, maintient la pression et demande plus que jamais une concertation forte avec les pouvoirs publics.

La lettre de Castex interpelle

La possibilité d’obtenir un calendrier clair du gouvernement a-t-il pris du plomb dans l’aile ? Hier soir, le Premier ministre a détaillé, à travers un courrier, les raisons qui ont conduit à la prolongation de la fermeture des lieux culturels. Une réaction « hallucinante » pour Pascal Rogard, quand Aurélie Hannedouche, déléguée générale du syndicat des musiques actuelles (SMA), déplore que « Jean Castex ne considère la Culture que sous un aspect économique ». Dans sa lettre, le locataire de Matignon avoue qu’il sera « difficile », au regard des incertitudes sanitaires, de donner satisfaction à la demande de « visibilité sur les prochaines échéances, voire du choix d’une date de réouverture ferme et définitive ». Ce à quoi, Pascal Rogard a répondu que « le Premier ministre sera obligé de respecter la position du Conseil d’État », qui avait affirmé qu’en cas d’amélioration de la situation, la fermeture n’aurait plus lieu d’être. « À défaut, nous irons une nouvelle fois devant le juge, qui devrait nous donner raison. » D’autant plus que l’autorité administrative suprême a fourni des nouveaux arguments en faveur de la Culture : la reconnaissance comme libertés fondamentales de la liberté de création artistique et de la liberté d’accès à la culture. Les professionnels se sont félicités de cette « avancée majeure et peu courante qui fera jurisprudence ».

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