Tribune « Zapper Bolloré » : Cyrille Bolloré se défend

Conférence de presse du groupe Bolloré, après son assemblée du 27 mai

Quinze jours après la pétition anti-Bolloré dans le cinéma, puis la réaction de Canal+ qui en a entraîné d’autres, Cyrille Bolloré, qui dirige l’empire fondé par son père, dit vouloir jouer « l’apaisement » et réfute tout « projet politique ».

Alors que la filière cinéma est ébranlée par la décision de Canal+ d’exclure tout projet impliquant un des signataires de la tribune « Zapper Bolloré » – à ce jour près de 5 000 professionnels –, le fils de Vincent Bolloré a pris la parole le 27 mai lors d’une assemblée générale du groupe, qui détient 30,4 % du capital de Canal+. Dans un climat qu’il qualifie « d’énervement et d’agitation collective », Cyrille Bolloré s’est dit « vraiment dans l’apaisement » et « la bienveillance » face à ses actionnaires. Mais tout en précisant qu’il ne gérait pas Canal+ et sa chaîne d’information CNews – qui ne sont qu’une participation du groupe –, le PDG n’en a pas moins donné son avis sur les propos de Maxime Saada : « Appeler à ne pas financer un scénariste n’est pas à la hauteur du débat pour notre pays. »

Trois jours avant, et pendant que la plupart des organisations professionnelles en appellent au dialogue avec leur partenaire historique, la Ligue des droits de l’homme et la CGT-Spectacle avaient annoncé assigner Canal+ en justice pour discrimiation, en évoquant aussi un éventuel recours devant la Commission européenne « pour sanctionner l’abus de dépendance économique de Canal+, qui s’inscrit dans un schéma de concentration réactionnaire de tous les vecteurs de la culture élaboré par Vincent Bolloré ».

Le fils de Vincent Bolloré, lui, se défend de tout « projet politique », ajoutant que « ce que je lis sur mon groupe ou ma famille – qu’on aurait un projet néo-fasciste – est un mensonge géant ». Interrogé sur les orientations de CNews et du JDD, il a répondu n’avoir « jamais milité pour rien », mais estime que « le pays est ruiné et il ne reste plus que les extrêmes ». Et selon lui, « les gens ont juste envie de donner un bon coup de pied au cul à tous ces gens qui font n’importe quoi depuis dix, quinze, vingt, vingt-cinq ans. Est-ce qu’il faudrait le prôner au travers de nos chaînes ? C’est plus compliqué que ça ».

Conférence de presse du groupe Bolloré, après son assemblée du 27 mai

Les News