Maxime Saada : « Je n’ai jamais parlé de liste noire »

Maxime Saada le 29 mai 2026

Lors de l’assemblée générale du groupe Canal+ qui s’est tenue ce matin, le président du directoire, Maxime Saada, a répondu sur sa réaction à la tribune “Zapper Bolloré”, affirmant que Canal+ « continuera à soutenir le cinéma français et européen, dans la diversité ».

«99 % des professionnels du cinéma ne se sont pas reconnus dans cette pétition qui attaquait Canal+ », a tout d’abord souligné Maxime Saada au sujet de la tribune. Car « c’est bien Canal+ qui a été attaqué »selon le président du directoire, qui rappelle que le groupe n’est plus une filiale de Vivendi depuis 18 mois et qu’il n’est « pas contrôlé par le groupe Bolloré, actionnaire de référence ». En demandant de bloquer le rachat d’UGC, la pétition vise la stratégie industrielle de Canal +, mais « quand on parle de vision fasciste à côté du nom de Canal+, c’est la réputation et l’intégrité des équipes de Canal+ qui sont attaquées. Et nous avons vécu ça comme une profonde injustice ».

Mais il s’agissait surtout pour Maxime Saada de clarifier ses propos tenus à Cannes, qu’il « assume totalement », même s’ils ont été parfois déformés. « Je n’ai évidemment jamais parlé de liste noire : il n’est pas question pour nous de traquer des techniciens qui ont signé la pétition, et de ne plus financer des films pour lesquels ils travaillent. Il n’en est et n’en sera jamais question ». Le comité cinéma qu’il préside étudiera, « comme toujours », les projets au cas par cas, « non pas selon un prisme politique, mais artistique et commercial ». Le patron de Canal reconnaît toutefois qu’il va « ajouter une nouvelle dimension : la considération des gens qui portent le projet vis-à-vis de Canal+ » et le fait qu’ils portent préjudice au groupe. « Je ne peux pas ne pas prendre en compte cela. Si quelqu’un sonne chez vous, vous traite de fasciste et ensuite vous demande de l’argent… peut-être que vous ne lui donnerez pas d’argent. Et on va faire exactement pareil ».

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Et pour Maxime Saada, ce n’est pas une question de liberté d’expression : « il n’y a pas une personne chez Canal qui s’opposera à la liberté d’opinion, qu’elle soit contre Bolloré ou qui que ce soit ». Estimant que son groupe, lui, a subi des atteintes à la liberté d’expression avec la fermeture de C8, Maxime Saada dit n’avoir de leçons à recevoir de personne. « Ça fait 23 ans que je suis chez Canal+ et j’ai travaillé près de 10 ans avec Vincent Bolloré. C’est avec lui, voire grâce à lui, que nous avons redressé Canal+ quand nous perdions 400 millions d’euros ». Et en 10 ans, 1 000 films ont été soutenus, « dont au moins la moitié ne se serait pas fait sans Canal ».

Surtout, le président du directoire affirme que « cette politique va continuer, non pas par obligation, mais par choix, parce qu’elles sont positives pour le groupe ». Rappelant que les engagements de Canal+ dans le cinéma résultent de négociations interprofessionnelles, il souligne que ses investissements de 260 millions par an vont bien au-delà des obligations. 

« C’est un choix, de la part de Canal+, de soutenir le cinéma français et européen, et nous allons continuer à le faire, dans la diversité. Avec des films comme L’Histoire de Souleymane ou Dossier 137, qui racontent toute la diversité du cinéma français et que nous continuerons à accompagner, quelles que soient les attaques »

Maxime Saada le 29 mai 2026

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