Après plusieurs années de débats et de reports, le Conseil des ministres fédéral a enfin adopté, le 27 mai, le projet de loi instaurant une obligation d’investissement pour les services de streaming et les chaînes de télévision, dernière pièce d’un vaste plan de soutien à la production nationale.
Le texte prévoit que les diffuseurs et plateformes investissent au minimum 8 % de leur chiffre d’affaires annuel réalisé dans le pays dans la création cinématographique et audiovisuelle allemande. Des quotas sont spécifiquement prévus pour les œuvres en langue allemande, les producteurs indépendants et les nouvelles créations. Le dispositif pose par ailleurs des garanties pour assurer un partage plus équitable des droits avec les producteurs indépendants. Afin d’encourager des engagements plus importants, le texte introduit également une « clause d’ouverture ». Les groupes audiovisuels investissant au moins 12 % de leur chiffre d’affaires dans la production allemande pourront bénéficier d’assouplissements sur certaines obligations.
Le gouvernement fédéral confirme parallèlement le doublement – annoncé dès l’été 2025 – des fonds nationaux dédiés au secteur, portés à 250 millions d’euros par an. En additionnant les aides fédérales sélectives et les financements de la Filmförderungsanstalt (FFA), plus de 300 millions d’euros annuels seront désormais mobilisés au niveau fédéral, auxquels s’ajoutent les soutiens des Länder.
« Pour la première fois, l’ensemble de l’industrie du cinéma peut s’organiser avec de vraies certitudes sur plusieurs années, estime Wolfram Weimer, ministre d’État à la Culture et aux Médias, se félicitant d’avoir pu décider au-delà des clivages partisans, d’injecter plus d’argent que jamais auparavant dans l’industrie cinématographique nationale avec ce « Filmbooster ». Il appartient désormais au secteur de saisir cette opportunité pour produire à la chaîne des succès cinématographiques « Made in Germany ». »

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