PVR Inox, géant indien de fer dans un marché haut en couleurs

Dhurandhar © B62 Studios/Benetone Films/Jio Studios

Après deux exercices déficitaires, le circuit de cinéma leader dans le sous-continent a publié des résultats records pour la fin de son exercice fiscal 2025-2026 (clos en mars 2026), confirmant la vitalité de l’exploitation cinématographique en Inde.

Au quatrième trimestre, PVR Inox a généré un chiffre d’affaires de 1 547,30 crores* de roupies (environ 170 millions d’euros), en hausse de 23,8 % par rapport à l’année précédente. Le bénéfice trimestriel net s’établit à 186,70 crores de roupies (20,5 M€), contre une perte nette de 125 crores un an plus tôt. Sur l’ensemble de l’exercice fiscal, le circuit signe une année record avec 67,43 milliards de roupies de recettes (environ 741 M€) et un bénéfice net de 3,87 milliards de roupies (environ 42,5 M€). De quoi alléger la dette contractée lors de la fusion PVR Limited/Inox Leisure début 2023

L’exception culturelle indienne

Ces résultats ont notamment été portés par les blockbusters locaux Dhurandhar et sa suite directe The Revenge ou encore Kantara Chapter 1. En 2025, le marché indien a ainsi généré un box-office historique de 1,48 milliard de dollars et affiche encore +10 % au premier semestre 2026 (663,8 millions de dollars). Dans un entretien accordé à Deadline, Sanjeev Kumar Bijli, directeur exécutif de PVR Inox, souligne que les salles du sous-continent ont mieux résisté aux creux de l’offre hollywoodienne grâce au relais assuré par les productions locales et régionales. Car si cette dernière ne représente que 10 à 15 % du box-office global indien, PVR Inox occupe une position dominante, avec 60 à 70 % de parts de marché sur ces titres.

Reste que les entrées globales (832 millions en 2025) demeurent en dessous des niveaux de 2019 (1,03 milliard). Cette progression en valeur repose notamment sur les efforts de montée en gamme des salles, qui tirent les prix moyens du billet vers le haut. PVR Inox exploite de fait une dizaine de formats premium, parmi lesquels IMAX, 4DX, ScreenX, mais aussi ses propres concepts Luxe et Insignia ou encore ou encore les équipements ICE du groupe français CGR.  

L’expérience « capital-light »

« Les formats premium sont là pour durer car ils différencient l’expérience de la salle de celle de la maison, et il y a un grand marché pour cela en Inde », affirme dans les colonnes de Deadline le dirigeant qui compte poursuivre l’expansion de PVR Inox dans des villes secondaires du pays, via une stratégie « capital-light ». En effet, le groupe privilégie désormais une approche plus légère en capital, en s’associant aux promoteurs de centres commerciaux avec des baux indexés sur les recettes du box-office, plutôt que sur des loyers fixes. Enfin, Sanjeev Kumar Bijli peut compter sur sa filiale de distribution PVR Inox Pictures pour sécuriser l’approvisionnement en films indépendants internationaux, comme la comédie Art (avec Ralph Fiennes, Colin Farrell, Wagner Moura) ou le thriller Bitcoin: Killing Satoshi de Doug Liman (avec Casey Affleck et Gal Gadot) acquis au Marché du Film de Cannes en mai dernier. 

Au 31 mars 2026, le circuit exploite 359 cinémas et 1 798 écrans répartis dans 113 villes, après l’ouverture de 31 nouveaux écrans sur le seul dernier trimestre. Sur l’ensemble de l’exercice, le circuit a gagné 93 écrans nets, malgré la fermeture de 18 écrans jugés sous-performants.

* le crore est une unité numéraire indienne valant 10 millions

Dhurandhar © B62 Studios/Benetone Films/Jio Studios

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