Les oppositions s’accroissent contre le projet de rachat qui pourrait, selon les arguments avancés, affaiblir la filière.
Alors que la fusion avait obtenu l’aval du ministère américain de la Justice et est toujours en phase d’examen par l’Union européenne, elle fait face à de nouveaux obstacles. 12 États* puis, dans un second temps, la Writers Guild of America (WGA), annoncent lancer des poursuites contre le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance. Représentés par le procureur général de la Californie, Rob Bonta, les États ont déposé, le 13 juillet, « une requête d’urgence demandant au tribunal de bloquer immédiatement cette fusion ». Cela fait suite à une demande de leur part auprès de Warner Bros. et de Paramount de ne pas finaliser la transaction « tant que la justice ne l’a pas pleinement évaluée » ; une proposition refusée par les deux majors.
Les États dénoncent un rachat qui « nuirait aux cinémas, aux distributeurs de basic cable et, finalement, à tous les spectateurs étatsuniens, qu’ils soient sur un canapé ou un fauteuil de cinéma ». La plainte s’appuie sur l’article 7 du Clayton Antitrust Act, stipulant que « les fusions susceptibles de réduire sensiblement la concurrence ou de créer un monopole sont illégales […] L’accord proposé mettrait fin à [la] concurrence, menaçant les spectateurs d’une hausse de prix, d’un déclin de l’exploitation des films en salles, et d’une baisse de la diversité, de la qualité et de la quantité de contenus distribués ». Rob Bonta affirme ainsi « ne pas laisser Warner et Paramount fusionner sans [se] battre ».
Des arguments que partage la WGA, qui a également déposé une plainte, le 14 juillet : « Avec moins de concurrents, la nouvelle entité Paramount-Warner Bros. aurait à la fois l’intérêt et la capacité de réduire les coûts en tirant les salaires des scénaristes vers le bas et en réduisant sa production. Les scénaristes seront moins payés et auront moins d’opportunités d’emploi. » Tom Fontana, président de la WGA East, ajoute pour sa part que l’institution « ne restera pas les bras croisés face aux tentatives de Paramount de violer les lois antitrust de notre pays et d’aggraver la crise que subissent déjà les travailleurs du secteur du divertissement ».
En attendant de connaître les issues de ces procédures, ainsi que de l’examen de la Commission européenne qui peut décider d’ouvrir une enquête approfondie de 90 jours, le rachat de Warner Bros. n’est toujours pas finalisé, ce qui peut entraîner des frais supplémentaires pour Paramount. Ce dernier s’est, pour rappel, engagé à un “ticketing fee” de 0,25 $ par action qu’il reversera aux actionnaires de Warner pour chaque trimestre durant lequel la transaction n’aura pas encore été finalisée, à partir du 30 septembre 2026. En outre, suite à l’action des États, le média Semafor a révélé que des proches de David Ellison l’ont incité à déménager le siège social de la major hors de Californie, à l’instar de ce qu’on déjà fait Tesla ou Oracle – dirigé par Larry Ellison, père de David Ellison. Une décision à laquelle le PDG de Paramount serait, pour l’heure, réticent.
* La Californie, l’Arizona, le Colorado, le Connecticut, le Massachusetts, le Minnesota, le Nevada, le New Jersey, le Nouveau Mexique, le New York, l’Oregon et le Washington.


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