Une réouverture en mai envisagée pour les cinémas belges

Le Caméo à Namur (Belgique) © Grignoux - Julien Forthomme

L’annonce, faite par le Premier ministre belge Alexander De Croo vendredi 5 mars, a reçu un accueil mitigé de la Fédération des cinémas belges.

À l’instar de l’Angleterre, la Belgique vient de présenter un plan en plusieurs étapes visant à assouplir les restrictions imposées sur l’ensemble du territoire. Depuis ce matin, les rencontres en plein air ont été élargies à 10 personnes, à 50 pour les funérailles tandis que pour les activités extrascolaires, sont distingués les moins de 13 ans (25 en extérieur) des moins de 19 ans (10). À partir d’avril, c’est un plan « plein air » qui sera déployé, avec la possibilité d’organiser des camps de jeunesse et de faire du sport. « Il sera également possible d’assister à des spectacles en extérieur avec un maximum de 50 personnes autorisées, dans le respect des consignes sanitaires », a indiqué Alexander De Croo. Le chef du gouvernement belge a toutefois précisé qu’un point sera fait le 26 mars sur l’évolution de la situation, pour décider, ou non, de réduire certaines mesures. 

« D’ici début mai, nous aurons vacciné suffisamment de personnes et allons déployer largement l’utilisation de tests rapides et d’auto-tests, éléments qui seront essentiels pour la poursuite de la troisième phase. » Celle-ci devrait ainsi permettre aux cinémas, théâtres et autres salles de spectacles de rouvrir leurs portes au public. Les bars, restaurants, foires, marchés ainsi que les salles de sport pourront également reprendre leurs activités. Si pour le Premier ministre, il était essentiel de donner de la visibilité aux secteurs qui en manquaient ces dernières semaines, il a martelé que ce calendrier était « indicatif et basé sur une évolution que nous envisageons aujourd’hui. Si elle était différente, le plan sera obligatoirement aménagé ».

« Nous visions les vacances de Pâques »

« C’est bien d’avoir un calendrier mais nous sommes tout de même déçus », nous confie Thierry Laermans, secrétaire général de la Fédération des cinémas belges. « La date du 1er mai est lointaine alors que l’on répète que les salles sont des endroits sûrs. En Belgique, il y a une distinction binaire entre activités intérieures et extérieures, jugées plus sûres que les premières. C’est une erreur sans doute motivée par un besoin de clarté vis-à-vis de la population. Mais comparer un petit bureau à une salle de cinéma qui a un volume plus important n’est pas sérieux. » S’il indique que les exploitants belges militaient pour une reprise avant les vacances de Pâques, c’est en partie pour profiter au maximum de la reprise du marché américain, où les salles de New-York viennent de rouvrir. « Plus nous attendons pour reprendre, moins nous aurons de blockbusters « frais » qui seront déjà disponibles sur d’autres plateformes, nous privant, de fait, de recettes importantes puisque les productions américaines représentent 75 à 80 % du box-office belge », explique Thierry Laermans. 

À ce jour, il précise qu’aucune discussion n’a été entamée s’agissant d’une restriction des jauges et de nouvelles conditions d’accueil du public. Et que les aides se font toujours attendre depuis l’enveloppe de trois millions débloquée l’an passé. Pour rappel, les cinémas belges sont fermés depuis le 29 octobre, et ont connu en 2020 une chute de leur box-office de 74 % par rapport à 2019 d’après l’UNIC. Accusant une perte estimée à 210 millions d’euros, les exploitants avaient demandé début février un soutien « significatif et rapide » à leur gouvernement.