Prénom Jocelyn

Jocelyn Bouyssy ©CGR

PORTRAIT – Celui qui a fait d’un réseau de province le premier circuit de France en nombre d’écrans, qui a conquis Hollywood avec son concept premium, a su imposer ses qualités de dirigeant de CGR tout en restant… l’ami Jocelyn.

« Compétence, Générosité, Réussite : les trois lettres qui forment CGR », pour les trois mots qui qualifient le mieux Jocelyn Bouyssy, selon le président de la Fédération des cinémas français Richard Patry. De l’homme qui a fait de CGR ce qu’il est aujourd’hui, il dit encore que c’est « une véritable légende, un modèle, un exemple à suivre ». Un homme parti de rien et qui ose tout, qui a débuté en passant l’aspirateur au cinéma d’Agen, la ville où il est né, et a inauguré 35 ans plus tard son Ice Immersive Theater à Los Angeles. Un gamin qui a « failli faire cuisine après la 3e », mais qui, fan de rugby, rêvait « surtout de devenir journaliste sportif ».  Aujourd’hui, il est celui qui travaille avec tous les studios hollywoodiens, les exploitants de Dubaï et d’Abu Dhabi, tout en favorisant la convivialité avec ses équipes.  

Le cinéma, Jocelyn Bouyssy l’a découvert par hasard, dans les salles que possédaient ses cousins Éliane et Max Monnereau à Marseille. Il s’ennuie au lycée et décide alors de travailler au Paris, au Galia et au Florida, les cinémas d’Agen où il tient la caisse et vend les bonbons, puis apprend la projection. Quand Georges Raymond, le fondateur de CGR, s’implante dans la ville du Sud-Ouest en rachetant le Carnot, le jeune homme se fait embaucher. Il ne quittera plus le groupe. Le directeur général d’alors, Roger-Marc Lecoq, lui enseigne les ficelles et en 1991, Jocelyn Bouyssy devient directeur du cinéma de Châtellerault. Il partira ensuite à Castres et gravira les échelons, tandis que le groupe s’étend peu à peu à travers le territoire. En 1995, le jeune directeur ouvre le premier multiplexe CGR à La Rochelle, qui sera suivi de la quinzaine construite au cours des années 1990-2000, et c’est en 2006 qu’il sera finalement nommé directeur général du groupe par les deux fils Raymond. On connaît la suite. 

Lors de l’inauguration de la salle Ice CGR à Hollywood en 2020, l’acteur-réalisateur Franck Gastambide confiait au Figaro que « Jocelyn, avec son accent français et son look de petit mec de province qui ne se prend pas au sérieux, trompe bien son monde. C’est juste l’un des patrons les plus importants du cinéma français. Ici, à L.A., les Américains ont beaucoup de respect pour lui. Il est extrêmement considéré. »

Jocelyn Bouyssy lors de l’inauguration du CGR de Manosque, en 2018.

En France, les professionnels ont assisté, stupéfaits, au développement d’un circuit qui ne jouissait pas de l’aura des historiques Pathé-Gaumont ou UGC, mais aussi à l’irrésistible ascension de son directeur général, apprenant à connaître au fil des années celui qu’on regardait un peu de haut depuis Paris. Pour finalement se rendre à l’évidence : « Jocelyn Bouyssy est un super-héros. » Le représentant de Warner en France, Olivier Snanoudj, ajoute que « beaucoup, face à cette description, plongeraient dans la suffisance, mais la plus belle de ses qualités est humaine et Jocelyn reste un merveilleux compagnon de route au sein de cette profession ». Compagnon proche, le dirigeant d’Apollo Films François Clerc, auquel s’est associé CGR, avoue que ce sont les « agapes » qui les ont rapprochés, mais admire en lui le « travailleur infatigable, meneur d’équipe, passionné au service du collectif ».

Car c’est peut-être, au-delà de son talent de businessman visionnaire, ce qui caractérise la réussite de celui « qui a toujours su développer et cultiver un esprit de famille très fort au sein du groupe », comme le souligne le patron d’Universal France Xavier Albert. Et chez The Walt Disney Company, Frédéric Monnereau salue « l’internationalisation du prénom Jocelyn qui, du Moyen-Orient aux États-Unis, est en train d’entrer dans le lexique des mots français qu’il faut savoir prononcer ».

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