Pour l’Unic, 2022 sera « une année charnière pour l’industrie cinématographique »

Laura Houlgatte Abbott ©DR

Ce vendredi 14 janvier, l’Union internationale des cinémas lance un appel à tous les acteurs du cinéma européen et mondial pour soutenir un secteur très impacté par la pandémie mais sur la voie de la reprise.

L’industrie mondiale du 7e art a fait face à des défis sans précédent depuis le début de la crise du Covid, estime l’Unic, qui note qu’en 2021, les salles du monde entier semblent avancer rapidement vers une réelle reprise, les différents marchés enregistrant des progressions encourageantes de leur box-office par rapport à 2020. Ainsi, pour l’union, « tous les signes suggèrent que 2022 sera une année charnière pour l’industrie ». 

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L’organisme partage les données publiées par le cabinet Gower Street Analytics, qui indique que 4,4 milliards de dollars de recettes ont été totalisées dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), un résultat supérieur de 45 % à 2020. Le Royaume-Uni et l’Irlande (+85 %), la Russie (+78 %) , le Portugal (+50 %), la France (+47 %), l’Espagne (+45 %) et l’Allemagne (+26 %) ont, ainsi, tous enregistré une croissance significative du box-office, malgré des mois de fermeture au cours de l’année. Le quatrième trimestre a été particulièrement encourageant, notamment au Royaume-Uni et en Irlande (-11 % par rapport à la moyenne 2017-2019) ou en France (-18 %). « Le box-office total pour la région EMEA au quatrième trimestre de 2021 n’était que de 26 % inférieur à la même moyenne d’avant la pandémie », se réjouit l’Unic, évoquant Spider-Man : No Way Home comme facteur clé de cette fréquentation dynamique.

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« Ces chiffres impressionnants – et les prévisions pour 2022 – démontrent toute la résilience de l’industrie du cinéma, étayée par l’appétit insatiable du public pour l’expérience du grand écran. Il est clair que la reprise est maintenant bien engagée, les cinémas de toute l’Europe se remettant des ravages du Covid », commente Laura Houlgatte. La directrice générale de l’Unic assure que les exploitants vont continuer de tout faire pour exposer les films dans les meilleures conditions possibles. « Mais nous sommes bien sûr dépendants d’une offre forte et diversifiée, répondant à tous les goûts du public. Les plateformes de streaming continueront d’avoir leur place dans l’écosystème cinématographique, mais lorsque des décisions privent des films de l’expérience de la salle, cela n’entraîne invariablement qu’une déception du public, une généralisation du piratage et – surtout – une réduction des recettes. »

C’est pourquoi la dirigeante de l’Unic en appelle à « tous ceux qui sont impliqués dans l’écosystème du cinéma, en particulier les fournisseurs de contenus, les talents et les investisseurs derrière eux, à reconnaître la valeur économique et culturelle de notre modèle et à redoubler d’efforts pour soutenir une offre solide, diversifiée et fiable de films aux salles de cinéma ».