Plan de relance Culture : le gouvernement précise les priorités

Roselyne Bachelot, nouvelle ministre de la Culture qui succède à Franck Riester. ©DR

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a précisé hier soir l’ensemble du plan de relance destiné au secteur culturel, dessiné autour de cinq priorités. 

Plusieurs mois après le début de la crise du COVID-19 qui a mis une large partie du monde culturel à genoux, le gouvernement a enfin dévoilé les contours du plan pour le sauver. La culture est un secteur économique essentiel pour la France, représentant en 2018 près de 2,3 % du PIB, plus de 80 000 entreprises, pour la plupart TPE et PME, et quelque 670 000 emplois, soit 2,5 % de la population active. Sévèrement touché par la crise, le secteur va ainsi bénéficier d’un plan à hauteur de deux milliards d’euros dont l’enjeu est « à la fois de reconstruire les secteurs culturels et de refonder les politiques culturelles, afin de pouvoir soutenir les reprises d’activité et se projeter dans l’avenir ».

Ce plan comporte cinq priorités :

  1. La restauration du patrimoine : 614 millions d’euros.
  2. L’aide au spectacle vivant et aux établissements publics de création : 426 millions d’euros.
  3. Le soutien aux artistes et aux jeunes créateurs à travers des aides spécifiques à l’emploi, un programme exceptionnel de commande publique et un renforcement de l’enseignement supérieur culturel : 113 millions d’euros.
  4. La consolidation des filières culturelles stratégiques (presse, cinéma et audiovisuel, livre, audiovisuel public…) : 426 millions d’euros dont 165 pour le cinéma.
  5. Des investissements d’avenir pour les industries culturelles et créatives : 19 millions d’euros de crédits budgétaires et 400 millions au titre du quatrième Plan d’investissement d’avenir sur cinq ans.

Concernant le cinéma, pour qui « l’offre d’œuvres nouvelles est la matière première sur laquelle repose toute la valeur de la filière, de l’amont (auteurs), à l’aval (industries techniques, distribution, diffusion) », le Premier ministre Jean Castex avait annoncé une dotation de 165 millions d’euros. Dans le détail, 105 millions sont alloués à un plan « export et attractivité », à savoir un ensemble de mesures ciblées (soutiens majorés pour les œuvres écrites et tournées en France) et un accompagnement renforcé des exploitants, des festivals, des cinémathèques ainsi que des ateliers d’éducation à l’image, « vecteurs de la cinéphilie et de l’éducation à l’image dans tous les territoires », note le ministère de la Culture. Chargé de la mise en œuvre de ce plan, le CNC sera réarmé à hauteur de 60 millions d’euros.

Comme annoncé, les exploitants de salles de cinéma seront également éligibles au nouveau mécanisme de compensation des pertes d’exploitation liées à la persistance de mesures de distanciation, qui sera doté de 100 millions d’euros dès cet automne. Instauré après concertation avec les professionnels du secteur, ce dispositif prend effet à compter du 1er septembre 2020 et pour une durée de quatre mois.

Concernant les investissements d’avenir, un plan de 400 millions d’euros pour cinq ans s’appuiera sur la création d’un comité stratégique de la filière « industries culturelles et créatives ». Dans le cadre des Etats généraux des industries culturelles et créatives  lancés en novembre 2019, sa mission sera « d’accélérer la transition numérique des industries culturelles et créatives, de renforcer leur place dans l’économie mondiale numérique et d’améliorer leur résilience ».

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