Le SDI demande des mesures d’urgence au CNC, au nom de la diversité

DIGGER ©JHR

Le Syndicat des distributeurs indépendants alerte à son tour sur la chute de fréquentation, mais aussi sur les difficultés de programmation pour ses adhérents.

Après les distributeurs du DIRE et de la FNEF, qui ont réclamé un plan d’aide massif pour compenser l’impact du passe sanitaire sur la vie des films en salles, ce sont ceux du SDI qui alertent sur les « conséquences désastreuses » des nouvelles mesures, notamment sur « le simple maintien d’une diversité culturelle que nous nous attacherons toujours à défendre ». En effet, si beaucoup de cinémas indépendants – ceux qui en majorité programment leurs films – ont décidé de limiter leurs jauges à 49 spectateurs par écran, « alternative passagère parce que non viable à terme pour les salles », cela n’a pas empêché la baisse de la fréquentation et les membres du SDI pointent « une menace grave pour l’équilibre de sorties de films indépendants dont certains fraîchement auréolés de prix cannois ». 

Car si la chute des entrées affecte tous les distributeurs et tous les films, le SDI fait le constat « une nouvelle fois, d’un durcissement des conditions de programmation » pour les films « souvent plus exigeants » qu’il propose. Selon le Syndicat, qui en appelait à une régulation au moment de l’ouverture des salles, le nombre de films accumulés a abouti, à la réouverture, à « une augmentation très importante du nombre de sorties hebdomadaires où quelques distributeurs les plus importants ont pu imposer des plans de sorties trop ambitieux et ont rendu l’exposition impossible à d’autres dans les salles ».

Le SDI cite les exemples de Digger, distribué par JHR Films et soutenu par l’AFCAE, « réduit à Paris le 21 juillet avec un programme et demi », de L’indomptable feu du printemps (Arizona) ou encore de Février (UFO), le 30 juin, avec « moins de 30 copies en sortie nationale dont une seule sur Paris ! ».

Aussi le SDI demande au CNC :

  • Une réunion d’urgence avec tous les acteurs concernés pour obtenir des mesures urgentes de régulation (une limitation des plans de sorties en fonction des zones de chalandises), le plus vite possible, et l’établissement d’une charte de bonne conduite entre distributeurs et exploitants pour assurer une réelle diversité de tous les cinémas et la pérennité de nos métiers.
  • Une indemnisation partielle des frais de sortie pour tous les films sortis entre le 7 juillet et le 18 août (dépenses qui n’auraient pas été avancés à cette hauteur si les distributeurs avaient pu anticiper le nouveau contexte et l’arrivée d’un passe sanitaire).
  • Une mesure compensatoire sur les entrées pour tous les films encore programmés au 21 juillet.

Sans ces mesures « à très court terme », le SDI pointe le risque accru pour plusieurs de ses sociétés adhérentes, et plus généralement « la fin de toute une diversité cinématographique sur nos écrans ».

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