Face au manque de blockbusters, les cinémas américains lorgnent les plateformes

Ana de Armas, Ryan Gosling, Chris Evans, Rege-Jean Page à la première du film "The Gray Man" à Berlin, le 18 juillet 2022. © AGENCE / BESTIMAGE

Fortement impactée par la pandémie, la production hollywoodienne a fait défaut aux salles pendant la période estivale. Pour combler cette carence, les exploitants américains convoitent les films des streamers.

Après un été globalement compliqué pour les cinémas à travers le monde, la rentrée draine son lot de questions pour tenter de trouver des éléments de réponse face à un box-office qui peine à repartir. Jamais à court d’idée, la Nato (qui fédère les exploitants américains) aurait ainsi entamé des discussions avec des plateformes pour élargir la sortie de leurs films, actuellement cantonnée à quelques jours, dans les salles du territoire. Amazon, Apple et Netflix « étudient la possibilité d’accroître leurs sorties au cinéma et d’y rallonger leur exposition. Ce serait inédit et j’espère que cela commencera à se produire dès 2023 », a confié John Fithian au Financial Times, le CEO de la Nato ayant confiance en la possibilité de parvenir à un accord avec les plateformes. 

Après avoir passé des années à se confronter aux services de streaming, ce changement d’attitude des exploitants est tout sauf anodin. Le box-office américain accuse toujours un retard de 30 % en moyenne par rapport à la période pré-pandémique et l’été n’a pas arrangé les affaires de certains groupes, à l’image de Cineworld (propriétaire de Regal aux US) en grande difficulté financière. Si les succès de Top Gun : Maverick et Jurassic World : Le Monde d’après témoignent de l’appétit toujours présent du public, le faible nombre de nouveaux blockbusters est notamment mis en avant pour expliquer l’absence de dynamique. Malgré un solide mois de juillet, la période estivale n’a pas été au niveau escompté, à l’image du film Le Bal de l’Enfer, sorti la semaine passée et leader du box-office avec seulement 7 M$ de recettes. D’où le choix des exploitants de se tourner vers les plateformes pour tenter de combler un vide évident.  

Si l’affaire n’apparaît pas gagnée d’avance – les plateformes préférant les sorties limitées pour leurs films à potentiel avec la volonté de prioriser le visionnement à domicile –, John Fithian veut croire que les streamers auraient davantage intérêt à profiter des recettes du box-office, dans un contexte où la croissance du nombre de leurs abonnés patine. « Si les services de streaming commencent à s’intéresser aux salles de cinéma, alors, au cours des 12 à 18 prochains mois, nous pourrions arriver à un point où nous avons une offre de films plus forte qu’avant la pandémie. »

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