Dominique Boutonnat reconduit à la présidence du CNC

Dominique Boutonnat, président du CNC, au Congrès de la FNCF 2020 ©Jean-Luc Mège

Son nouveau mandat débute à compter du 24 juillet prochain pour une durée de trois ans.

Il y avait peu de doute ces derniers jours autour de la direction du CNC. Ce mercredi 20 juillet, sur proposition de Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture, le président Emmanuel Macron a reconduit Dominique Boutonnat à la tête du CNC. Le renouvellement de son mandat ne faisait une nouvelle fois guère l’unanimité, à l’image de contestations émanant de la Société des réalisateurs et réalisatrices et du Collectif 50/50. Encore hier, ce dernier avait interpellé la ministre de la Culture, estimant que « les questions de personne ne doivent pas entacher les structures et leurs missions », faisant ici référence à la mise en examen de Dominique Boutonnat pour agression sexuelle. Mais la présomption d’innocence prévaut pour la ministre de la Culture, d’autant plus que c’est sous le mandat du président Boutonnat que le CNC a renforcé la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, notamment à travers la formation des professionnels. 

C’est aussi pendant la présidence Boutonnat que plus de 300 millions d’euros d’aides ont été débloquées pour le secteur, pour faire face à la pandémie, et que d’importantes mesures de relance sont déjà engagées jusqu’en 2030, notamment pour les studios de tournage.

Pourtant, certaines organisations reprochent une gestion trop “libérale” à celui qui avait été nommé, en 2019, dans la foulée de son fameux rapport sur de nouveaux modes de financement du cinéma. En mai dernier lors du Festival de Cannes, un collectif de 185 producteurs, auteurs, réalisateurs et acteurs, s’inquiétaient dans une tribune de la stratégie du CNC en matière de cinéma, au profit d’une « audiovisualisation » du secteur. Dominique Boutonnat avait alors réaffirmé qu’il croyait à « la complémentarité des écrans, qui n’est pas une menace mais une chance pour le cinéma, pour que chaque œuvre trouve son public ». La semaine dernière, la SRF pointait à nouveau la politique du centre « ouvertement libérale et trop souvent court-termiste, s’appliquant à démanteler petit à petit ce puissant outil de régulation », tout en saluant par ailleurs de nombreuses avancées, comme « la troisième commission de l’avance sur recettes » ou « les aides exceptionnelles rapidement débloquées au cours de la crise sanitaire ».

Pour les prochaines années, en s’appuyant notamment sur le plan France 2030 pour préparer les industries de l’image de demain et faire émerger de nouveaux talents, les missions de Dominique Boutonnat seront concentrées autour de quatre objectifs prioritaires, listés par le ministère de la Culture :

  • l’indépendance – pour garantir la souveraineté culturelle et industrielle ;
  • la jeunesse – pour la rapprocher de cette création française qui forge un imaginaire commun ;
  • l’international – pour que les œuvres françaises soient davantage vues à l’étranger et pour attirer les meilleurs talents mondiaux sur le territoire ;
  • le développement durable et la diversité, enjeux sur lesquels le CNC a déjà innové et agi (avec notamment un plan de 10 M€ pour réduire l’empreinte carbone des tournages).

De nombreux chantiers spécifiques au cinéma attendent également le président pour son deuxième mandat, entre la revue générale des aides allouées par le Centre, les engagements de programmation mais aussi un soutien attendu à la distribution. Sans oublier les nouvelles négociations autour de la chronologie des médias, l’éducation au cinéma… et tout ce qui pourra contribuer à la relance de la fréquentation en salle, car selon les mots mêmes de Dominique Boutonnat, «  le cinéma ne disparaîtra jamais et les films seront toujours au cinéma. »

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