L’institution cinéphile française prépare un grand cycle rétrospectif à partir de la rentrée.
Il y a 90 ans, la Cinémathèque française ouvrait ses portes. Et pour souffler toutes ces bougies, l’établissement culturel a concocté, selon son directeur général Frédéric Bonnaud, « l’une des récréations cinéphiles les plus partagées au monde : la liste ». Au programme, une sélection de deux films par an depuis 1936, avec comme contrainte de ne jamais diffuser deux fois le même cinéaste. « Tout en reconnaissant la nature profondément populaire et aisément partageable du cinéma, cet échantillonnage s’en laisse peu conter par le commerce et fait souvent le choix d’une certaine radicalité, peu compatible avec l’antienne stupide qui voudrait que les meilleurs films sont encore ceux qui “marchent” le mieux – ou qui sont les plus connus et les mieux répertoriés », évoque ainsi Frédéric Bonnaud.
Le cycle sera séparé en deux temps, le premier s’étalant du 16 septembre au 29 novembre prochains, et couvrant la période 1936-1988 à travers des cinéastes comme Marcel Pagnol, Charlie Chaplin, Satyajit Ray, Yasujirō Ozu, Barbara Loden, Jacques Rozier… Les dates de la deuxième partie, de 1988 à nos jours (avec Abbas Kiarostami, Elia Suleiman, Sophie Letourneur, Payal Kapadia…), n’ont pas encore été communiquées. À noter que les places seront à 1 € pour les moins de 26 ans.
« Au final, un simple divertissement qui devient, modestement mais fermement, une introduction idéale à une histoire du cinéma, la nôtre, celle de notre institution : une récapitulation de rêve pour un nouvel élan », évoque Frédéric Bonnaud. En effet, l’année 2026 marque de nombreux changements pour la Cinémathèque française, qui rénove cet été ses salles. En outre, après 19 années de présidence, Costa-Gavras a été remplacé par Isabelle Huppert, devenue la première femme présidente de l’institution, à l’issue d’une Assemblée générale qui aura également vu le ministère de la Culture davantage investir la gouvernance de l’établissement suite à un rapport critique de la Cour des comptes.

Partager cet article