À Cannes, 365 jours de cinéma par an

L'Olympia, durant le Festival de Cannes 2022 © Cineplanet

Parmi la multitude de salles qui s’animent dans la ville durant le Festival de Cannes, il y en a trois dont les lumières restent toujours allumées. Entre frénésie du mois de mai et le lien aux spectateurs le reste de l’année, plongée dans leur quotidien, en compagnie de Philippe Borys-Combret, à la tête du réseau Cineplanet.

En rachetant l’Olympia auprès de la famille Aubert en novembre dernier, Philippe Borys-Combret avait conscience de faire l’acquisition d’un cinéma « à dépoussiérer, structuré à l’ancienne, au niveau de l’architecture et de la volumétrie des salles ». Mais l’établissement bénéficie d’une notoriété historique, d’une proximité immédiate avec le Palais des Festivals. sans compter sa salle Atmos et ses projecteurs laser qui équipent désormais 5 des 9 salles, en attendant la fin de la transition.

Avec ce troisième site dans la ville, sans compter le Cineplanet implanté dans le Antibes voisin depuis janvier 2024*, l’exploitant opère pour l’heure l’intégralité des cinémas commerciaux actifs à Cannes. Il est en effet aux manettes des Arcades – qu’il a réorienté art et essai dès son arrivée dans l’entreprise familiale il y a 20 ans – et du prestigieux et très premium Cineum – ouvert depuis juillet 2021. «Soit trois établissements très différents par leurs tailles, leurs générations de construction et leurs technologies », et qui opèrent désormais en parfaite harmonie, la programmation de l’Olympia, «auparavant un peu en confrontation avec celle du Cineum », étant désormais plus mixte. D’autant plus que l’Olympia est en réalité constitué de deux établissements, « juridiquement séparés et avec des visas d’exploitations différents et deux billetteries séparées », détaille l’exploitant, en décrivant les salles 1 à 4 dédiées aux blockbusters, « en tandem avec le Cineum », tandis que les salles 5 à 9 se concentrent sur les films d’auteur, en synergie avec Les Arcades. 

Des Azuréens cinéphiles et connectés

Cette articulation minutieuse de l’offre répond aux exigences d’un public qui a « un bon pouvoir d’achat » et auquel la dimension touristique de la Côte d’Azur, tout comme le pôle technologique de Sophia Antipolis, insufflent une forte dimension internationale. Il est friand de VO, « qu’il s’agisse de films d’auteur ou de blockbusters », et a un fort réflexe d’achat de billets en ligne, « le Cineum affichant des taux de VàD proches de Paris », en attendant que l’Olympia et les Arcades passent au placement numéroté. Et contrairement aux clichés d’une ville “de vieux” hors-saison, la jeunesse cannoise répond bien présente, des étudiants de la branche de l’école de cinéma l’ESRA, implantée juste à côté du Cineum, aux petits assidus de son Kids Club, en passant par les jeunes parents. Avec le renfort de ses quatre salles premium (Imax, ScreenX, Lodge et la formule Aurore maison), le Cineum a attiré plus de 430 000 spectateurs en 2025, s’imposant comme le deuxième cinéma en termes de fréquentation de la mégalopole qui s’étale de Monaco à Toulon, juste derrière le Pathé Lingostière (471 000 entrées) et devant le Pathé Gare du Sud (365 000 entrées), tous deux à Nice.

Le frisson de mai 

Tous les mois de mai, les trois cinémas cannois de Cineplanet se mettent bien entendu à l’heure du Festival et de son Marché, en étroite collaboration logistique avec leurs équipes respectives, ainsi qu’avec celle de la CST. Au centre-ville, Les Arcades et l’Olympia sont largement réquisitionnés par les « 200 à 300 » projections du Marché, Les Arcades accueillant par ailleurs les projections de l’ACID Cannes. Le Cineum, de son côté, brille en Sélection officielle avec “les Séances du lendemain” proposées dans quatre de ses plus grandes salles. De quoi « requinquer les festivaliers, qui apprécient, au terme d’un trajet en navette de 25 à 30 minutes, de profiter d’un cinéma moderne, à l’abri des intempéries ou du soleil, avec une brasserie au rez-de-chaussée, un bar en terrasse, un burger, un coffee-shop… bref, tout ce qu’il faut pour bien accueillir le public ».

Mais pendant le Festival de Cannes, au Cineum, il y a aussi le reste des films à l’affiche du moment, accessibles avec la billetterie classique, « que même les festivaliers se plaisent à fréquenter », précise Philippe Borys-Combret, ravi de voir ce public « éclectique et heureux dans nos cinémas ». Enfin, le bonheur de Cannes réside aussi dans ces moments magiques, lorsque « Cate Blanchett vient voir une exposition immersive ou Steven Spielberg un film dans une de nos salles. Que ce soit pour une projection test ou juste pour le plaisir, c’est stimulant pour toutes nos équipes ».

* Le réseau est complété par les Cineplanet de Salon-de-Provence et d’Alès, et compte deux établissements parmi les Blue Ribbon Awards

L'Olympia, durant le Festival de Cannes 2022 © Cineplanet

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