AFCAE : un bilan d’anniversaire et un nouvel objectif de classement

Alors qu’elle réunit ses adhérents depuis hier 10 mai dans le cadre de ses Rencontres nationales à Cannes, l’Association française des cinémas art et essai clôt son année anniversaire avec une conviction intacte : « les salles art et essai ne sont pas un décor du paysage culturel français, elles en sont l’un des derniers fronts avancés ». Pourquoi pas, dès lors, les faire entrer au patrimoine de l’UNESCO ?

Pour l’AFCAE, l’année de ses 70 ans a « une démonstration de force collective », avec plus de 876 séances spéciales organisées dans les salles du réseau, près de 58 912 spectatrices et spectateurs de toutes générations rassemblées autour des séances, rencontres, et événements anniversaire, plus de 589 temps d’échange, débats, présentations, tables rondes et rendez-vous professionnels organisés dans l’année, 1 743 actions déployées en direction des publics jeunes, des scolaires, des étudiantes et étudiants dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle et un colloque international qui a réuni universitaires, chercheurs, étudiants et professionnels. 

Demain, dans le cadre des rencontres nationales art et essai, l’Association propose en outre un temps d’échange « Politiques culturelles : quelles propositions des cinémas Art et Essai pour 2027 ? », «pour retracer et examiner l’historique des politiques culturelles jusqu’à aujourd’hui, et imaginer ce qu’elles pourront être demain », expliquait David Obadia, le délégué général de l’AFCAE dans les colonnes du Boxoffice Pro du 10 mai 2026, avec l’ambition d’en tirer des propositions concrètes pour dessiner l’avenir des salles dans les territoires.

Forte de cette année anniversaire réussie, l’AFCAE veut maintenant ouvrir une nouvelle séquence : « dans le droit fil de son histoire, de ses combats et de son utilité publique culturelle », elle portera la requête du classement des salles art et essai au patrimoine de l’UNESCO. Une démarche dont l’Association mesure la portée : « Elle affirmerait que ces salles ne sont pas seulement des équipements culturels parmi d’autres, mais des lieux patrimoniaux vivants, des espaces de transmission, de pluralisme, d’accès aux œuvres et de débat public. Elle dirait, à l’échelle internationale, qu’une salle art et essai mérite protection parce qu’elle abrite une pratique culturelle singulière : voir des films ensemble, dans la durée, dans la discussion, dans l’attention aux œuvres et aux publics. » Cet enjeu dépassant bien entendu le seul cadre français, la CICAE, « partenaire naturel de cette ambition », est pleinement partie prenante de cette dynamique. « Le classement UNESCO serait à la fois une reconnaissance symbolique majeure et un levier politique concret, conclut l’AFCAE. Il renforcerait la visibilité internationale des salles art et essai, consoliderait leur légitimité face aux fragilisations économiques et institutionnelles, et rappellerait avec force qu’en matière de culture, protéger les lieux compte autant que soutenir les œuvres. » 

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