Une réouverture des cinémas par étapes sur la table

Devanture du Lido et du Cinema UGC Normandie - Les Champs-Elysées désertés malgré les soldes, en pleine épidémie de coronavirus (Covid-19, le 20 janvier 2021. © JB Autissier / Panoramic / Bestimage

[Mis à jour le 18 mars] Ce matin, le BLIC, le BLOC, Les Cinéastes de l’ARP et l’AFCAE ont été reçus par la directrice de cabinet de Roselyne Bachelot.

Elle s’est faite attendre depuis fin janvier. Repoussée une première fois la semaine dernière, au grand dam des professionnels, puis décalée à nouveau, la rencontre entre les professionnels du cinéma et le ministère de la Culture a eu lieu ce vendredi 12… sans Roselyne Bachelot. Mais les échanges ont été positifs. La tendance serait à une réouverture progressive, sur tout le territoire national, en trois étapes, avec une capacité limitée à 35 %, 65 % puis 100 % des jauges ; chacune des étapes étant espacée de trois à quatre semaines. Avec la demande martelée par les professionnels que la première intervienne le plus rapidement possible, courant avril. 

La FNCF a confirmé ces informations, dans un premier temps confidentielles, auprès de ses adhérents le jeudi 18 mars, en précisant que le passage d’une étape à l’autre se ferait de manière automatique. « La Fédération a fait connaître sa volonté de travailler le plus rapidement possible à ce plan de réouverture même dans un contexte éventuel incluant un couvre-feu et/ou des régions ou des départements connaissant encore des fermetures administratives afin de ne pas retarder la réouverture des cinémas qui y seront autorisés ». Pour la FNCF, « le maintien des aides transversales telles qu’elles existent aujourd’hui est une condition sine qua non à cette réouverture, comme la mise en œuvre d’un nouveau plan sectoriel et d’aides pour les entreprises de notre secteur qui n’en bénéficient pas à ce jour ».

D’après nos informations, aucune aide supplémentaire n’a été débloquée par le ministère. Plusieurs distributeurs et producteurs ont alerté sur certains mécanismes transversaux qui ne correspondent plus à leur situation. A par ailleurs été formulée la demande d’avoir une perspective économique sur les deux prochaines années, le temps que la chaîne du cinéma retrouve un fonctionnement classique, elle qui a été complètement chamboulée depuis le début de la pandémie.

La question de la régulation a également été évoquée, alors que la Médiatrice du cinéma, sollicitée par plusieurs organisations, vient de saisir l’Autorité de la concurrence, laquelle va mener une série d’auditions à partir de la semaine prochaine, au sujet d’un calendrier concerté des sorties de films. À la directrice du cabinet de Roselyne Bachelot a été rappelé l’importance de laisser une chance à toutes les œuvres lors de la réouverture ou, à défaut, la possibilité de travailler sur des schémas parallèles d’exploitation.

Le ministère ne s’est toujours pas risqué sur une date précise de reprise. Surpris et agacés par l’absence de Roselyne Bachelot, les participants ont cependant été globalement satisfaits de la teneur des échanges, eux qui attendaient cette réunion depuis près de deux mois. De l’avis de plusieurs d’entre eux, ils ont senti une « volonté politique » de rouvrir. Ils ont ainsi formulé le souhait de voir plus régulièrement (de façon hebdomadaire ?) les équipes de la ministre lors de réunions de travail, point sur lequel s’est engagée la directrice du cabinet.

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