Pas de Disney à Noël : les exploitants s’insurgent

Strage World ©The Walt Disney Company

La FNCF demande à Disney de revenir sur sa décision de priver les salles d’Avalonia, l’étrange voyage et l’invite à participer aux prochaines réunions sur la chronologie des médias, tandis que d’autres exploitants partagent leur colère.

La réaction n’a pas tardé. Dans un communiqué, la FNCF déclare que « les salles de cinémas protestent avec la plus grande vigueur contre la volonté de Disney de priver les Français de son film d’animation de Noël », une décision qui va « porter atteinte gravement à l’économie des salles de cinéma et du secteur tout entier ».

Si la décision de Disney est motivée par le besoin de renégocier la chronologie des médias, la FNCF estime que « pour résoudre un problème de relation avec les chaînes gratuites se posant deux ans après la sortie du film au cinéma, les salles sont instrumentalisées par cette décision, totalement inacceptable, et terriblement injuste ». Et ce, tout en pointant le récent succès du studio dans l’Hexagone, où Doctor Strange in The Multiverse of Madness a réalisé 3 millions d’entrées à la faveur d’une sortie classique. 
Soulignant que ce choix sera perdant pour tout le monde, des spectateurs à Disney lui-même, « qui se prive de recettes considérables et d’une exposition sans égale pour ce film », en passant par tous les autres diffuseurs, la FNCF s’élève avec la plus grande fermeté contre cette décision. 

« Elle demande à Disney de revenir sur ce choix et l’invite à participer aux réunions que le CNC organisera dans le cadre de la clause de rendez-vous prévu par l’accord du 24 janvier 2022. Elle en appelle aux pouvoirs publics pour permettre une résolution rapide de ce problème majeur pour notre secteur en menant une conciliation entre les parties prenantes, et en évitant que les spectateurs et les salles de cinémas soient les victimes collatérales de ces différends ». 

« Une erreur stratégique colossale »

À titre individuel, plusieurs exploitants témoignent aussi de leur colère. Marie-Christine Desandré, présidente du réseau Cinéo, se dit « scandalisée ». « On sent une duplicité de Disney depuis des mois, qui dit avoir besoin de la salle et qui a toujours beaucoup d’exigences sur le nombre de séances et la durée d’exploitation de ses films, sur lesquelles les exploitants ont joué le jeu. » Pour l’exploitante indépendante, ce n’est pas au géant américain, « même s’il représente 25 % des entrées en France, de décider de la chronologie des médias ». Par ailleurs, « c’est une façon de scier la branche sur laquelle ils étaient confortablement assis : les salles arriveront à se passer des films Disney, mais Disney ne pourra pas se passer des salles, où la valeur des films se crée toujours ». 
La position de Disney est pour l’exploitante « une erreur stratégique colossale », illustrant une « politique à court terme, pour renforcer son nombre d’abonnés à sa plateforme ».

Le directeur général de CGR se dit quant à lui, « abasourdi par cette décision. Nous sommes le plus beau pays du cinéma, où il est certes très encadré, mais c’est grâce à cet encadrement que nous nous en sortons mieux que tous les autres en Europe ». Pour Jocelyn Bouyssy, « il est dommage de mettre à mal notre système vertueux. J’espère que ce qui concerne Avalonia, l’étrange voyage est un épiphénomène et restera un one shot».

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