Dans le sillage de la médiatisation de certaines pratiques de programmation et de la réaction de Gaëtan Bruel, le Syndicat exprime son soutien à une démarche jugée « exceptionnelle » et rappelle l’importance de l’équité territoriale.
Suite à l’article paru dans le journal Le Monde du 28 avril 2026, « qui révélait en détail les pressions exercées par le circuit Megarama sur les distributeurs afin de retarder l’accès aux films de salles de proximité des zones de chalandise de ses multiplexes », le président du CNC a saisi la Médiateure du cinéma. Une décision « rapide et exceptionnelle » que le Syndicat des Cinémas de Proximité interprète comme « un acte fort », face aux difficultés croissantes d’accès aux films et aux tensions exacerbées qu’il dénonce depuis plusieurs mois. L’organisation souligne en outre le caractère inédit de cette saisine de la Médiateure du cinéma par le CNC, la première à porter spécifiquement sur des questions de programmation. « Cette réactivité témoigne de la mesure d’un problème structurel qui touche de plus en plus de salles sur le territoire et qui aggrave les difficultés financières des salles de cinéma de proximité. »
Un modèle économique vertueux et d’intérêt général
Dans son communiqué, le Syndicat des Cinémas de Proximité tient à remettre en perspective les fondamentaux du financement de la filière. Le système de la TSA n’est pas un « argent public » au sens strictement budgétaire, souligne-t-il, mais bien « l’argent du public », réinvesti dans un cercle vertueux qui doit profiter à tous. La diffusion des œuvres doit ainsi rester guidée par l’équité et l’intérêt général, loin de toute logique de concentration ou d’exclusion.
« Nous rappelons avec force que les spectateurs qui fréquentent les salles associatives, municipales, indépendantes ou de proximité ne sauraient être considérés comme des publics de second rang », déclare le Syndicat, rappelant que « l’égalité d’accès aux œuvres, quel que soit le type de salle, constitue un principe fondamental de la politique de cohésion territoriale. »
Grande vs petite exploitation ? « Ne pas se tromper de combat »
Le Syndicat a également profité de sa prise de parole pour rappeler les conclusions de l’étude qu’il avait commandée en septembre 2025 au cabinet Hexacom. Cette analyse comparative (portant sur les grandes agglomérations, hors Paris) démontrait que les cinémas de proximité n’étaient « en rien responsables » de la baisse de fréquentation subie par les multiplexes depuis la crise sanitaire.
Alors que le CNC reconnaît aujourd’hui la nécessité d’un examen approfondi et objectif de la situation, le Syndicat des Cinémas de Proximité assure qu’il restera très attentif aux suites données par la Médiateure du cinéma. L’organisation conclut en rappelant que « la transparence, l’équité et la circulation la plus large possible des œuvres doivent resterau cœur de l’action collective, au service des publics et de la diversité cinématographique ».


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