Olivier Snanoudj : « Il y a un avenir pour l’exploitation en salles, mais les choses vont évoluer »

Pour son deuxième numéor de L’Émission, la rédaction de Boxoffice Pro a reçu le président adjoint de la Fédération nationale des éditeurs de films et SVP distribution Cinéma de Warner Bros France.

Bien entendu, Olivier Snanoudj est très heureux de la réouverture des salles françaises, surtout par rapport aux pays voisins. « En Belgique, en Allemagne ou en Italie, la situation des cinémas est encore incertaine et mes homologues européens me disent que l’on a beaucoup de chance. » La déception est aussi grande côté distributeurs sur la séance du soir : « Je ne suis pas sûr qu’on l’obtienne avant les vacances de Noël », confie le représentant de la FNEF qui compte toutefois sur l’amélioration de la situation sanitaire pour « obtenir des assouplissements ».  

Dans le cadre des mesures complémentaires de soutien accordées depuis le premier couvre-feu (notamment par un complément sur chaque billet reversé aux distributeurs ayant pris des risques pendant cette période) puis lors de la seconde fermeture des salles, Olivier Snanoudj estime qu’« en lien avec le soutien aux salles, il y a une vraie volonté du CNC d’aider les distributeurs, pour que les exploitants puissent avoir des films à programmer ». Mais l’enveloppe du CNC dédiée à l’ensemble des mesures d’urgence est limitée : « il n’y aura donc pas d’aides spécifiques pour le deuxième couvre-feu à Noël. Avec une offre importante sur cette fin d’année, le Centre estime les mesures d’incitation moins nécessaires ».

« Quand une vague arrive, soit on la prend de front,
soit on surfe dessus.
»

À la fois professionnel inscrit dans le paysage français et exécutif d’un studio américain, Olivier Snanoudj porte un regard serein sur les évolutions en cours en matière de chronologie des médias outre-Atlantique et outre-Manche. « Deux mouvements se dessinent en parallèle : l’impact du virus à court terme, qui a poussé certains acteurs à prendre des décisions inhabituelles, mais surtout un mouvement de fond qui était engagé depuis l’apparition des plateformes, que la pandémie n’a fait qu’accélérer. »  

S’il est clair aujourd’hui que le développement des plateformes est une nouvelle concurrence pour le cinéma, « ce n’est pas une concurrence mortelle » pour le boss de Warner France. « Il y a un avenir pour l’exploitation en salles, mais les choses vont évoluer, probablement aussi en France, qui ne peut éternellement rester un village gaulois isolé. Ce mouvement peut sembler menaçant mais on peut en faire une opportunité. Quand une vague arrive, soit on la prend de front, soit on surfe dessus. »
Pour rappel, Warner est en train de développer sa plateforme HBO Max aux États-Unis et bientôt dans le monde. « Mais le groupe continue à viser la salle de cinéma : les deux stratégies ne sont pas opposées », estime le président de Warner Bros. France qui aura trois films à l’affiche dans les salles françaises cette fin d’année : Miss de Ruben Alves, sorti le 21 octobre et « dont la fréquentation augmentait chaque jour » ainsi que deux films américains très attendus : Wonder Woman 1984 bien entendu, au cinéma dès le 16 décembre, mais aussi Sacrées sorcières de Robert Zemeckis, adapté de Roald Dahl, que Warner a choisi de dater le 23 décembre après le décalage des Croods 2.

Le replay de L’Émission Boxoffice Pro du 3 décembre 2020 :

Les News