Fenêtre salle et VOD aux États-Unis : les liaisons dangereuses

©Cinemark

À l’occasion de la publication de leurs résultats trimestriels respectifs, les dirigeants d’AMC et de Cinemark ont en partie clarifié leur vision de l’évolution de l’exclusivité salle et des voies d’une collaboration accrue avec la fenêtre VOD.

Chez le leader AMC, le CEO Adam Aron se déclare satisfait de l’accord passé en juillet avec  Universal, qui réduit la période d’exclusivité salle des titres du studio dans les cinémas de 75 à 17 jours en échange d’un partage de recettes avec le circuit sur l’exploitation en premium VOD. « Grâce à cet accord, Universal a actuellement l’intention de sortir six films en salle au quatrième trimestre 2020, ce qu’aucun autre studio qui n’a pas encore de fenêtre PVOD n’a été disposé à faire », a fait valoir Adam Aron. Sorti le 25 septembre dans les salles AMC, Kajillionaire de Focus Features est le premier titre à être passé en PVOD au bout de 17 jours, ce combo cinéma/PVOD ayant rapporté selon le dirigeant plus qu’une exploitation salle exclusive. « Nous comprenons que le monde du streaming est à nos portes. Nous sommes prêts à envisager des modèles alternatifs », poursuit Adam Aron, convaincu du meilleur intérêt financier des studios à ne pas choisir le monde du streaming au détriment de la salle, en « trouvant un chemin créatif qui leur permet de naviguer entre et de bénéficier des deux ». 

Et AMC n’est désormais plus le seul dans l’arène de la concession à la PVOD aux États-Unis. Cinemark, le quatrième circuit américain, exploitera les prochaines sorties Universal et Focus Features (L’Un des nôtres, Freaky et Les Croods : une nouvelle ère) avec des sorties PVOD anticipées. Réticent à donner de plus amples détails sur le nombre de jours d’exclusivité ni les conditions de partage de recettes, le CEO Mark Zoradi a déclaré être en « discussion active avec divers studios pour faire évoluer les fenêtres ». L’exploitant préconise un concept de « vitrine dynamique », avec une période d’exclusivité salle variable. « Les gros blockbusters auront probablement une fenêtre d’exclusivité plus longue », tandis que celle d’un film plus « petit » serait plus courte. « Cela permet aux studios ou aux fournisseurs de contenu de rentabiliser plus rapidement les films qui ne restent pas longtemps à l’affiche. Pour ceux qui ont un potentiel d’exploitation salle plus long, nous demandons – et pensons pouvoir obtenir – une fenêtre d’exclusivité plus large. » Le tout, en gardant à l’esprit le rôle irremplaçable de cette dernière dans la création de valeur pour le film sur l’ensemble de sa chaîne de diffusion.


Les regards sont désormais tournés vers Cineworld, propriétaire de Regal, le deuxième plus grand circuit du pays, qui n’a pour l’heure toujours fait aucune annonce sur la réouverture de ses établissements dans les semaines à venir.

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