L’Eden-Théâtre : le pionnier

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Dans notre nouvelle rubrique de l’été, nous vous proposons un tour d’horizon hebdomadaire de l’histoire et des singularités des cinémas mythiques de Paris. Mais cette semaine, on sort exceptionnellement de la capitale pour se rendre à l’Eden-Théâtre...

La salle de l’Eden-Théâtre. © Lucile Estoupan Pastré

L’histoire remonte à 1889, lorsque l’entrepreneur Alfred Seguin décide de construire un café-concert à La Ciotat. Les travaux débutent le 18 février, sous la direction de l’architecte-expert Marius Dessault. L’Eden-Théâtre s’étale sur 2 620 m² et devient rapidement la salle de spectacle la plus animée de la ville côtière de 12 000 habitants, proposant chaque samedi et dimanche des concerts, des rencontres sportives de boxe ou de lutte gréco-romaine ou encore des représentations théâtrales. Le 21 septembre 1895, pour la première fois, une dizaine de films tournés par Louis Lumière y sont projetés, en présence de son frère Antoine, devant 150 personnes médusées. L’expérience est reconduite le 14 octobre mais sans succès, car Antoine ne maîtrise pas encore tous les aspects techniques de la projection. Le 28 décembre, 33 spectateurs payants, dont Georges Méliès, assistent à une troisième projection. Mais ce n’est que le 21 mars 1899 que se tient la première véritable séance commerciale du cinéma, lors de laquelle ont été présentés Lancement d’un navire à La Ciotat et Une caravane aux Pyramides d’Égypte devant près de 250 spectateurs. Le succès est tel que la séance est renouvelée dès le lendemain. 

La façade de l’Eden-Théâtre aux alentours de 1905.

Des remous

La crise du début des années 1980 manque de coûter très cher au cinéma. La fréquentation chute drastiquement et des rumeurs diverses circulent concernant l’avenir de l’établissement : va-t-il être transformé en brasserie, en hôtel ? Dans ce contexte trouble, en 1982, le directeur de l’Eden-Théâtre Georges Giordana, 25 ans, est tué dans son établissement lors d’une tentative de vol. Le cinéma est placé quelque temps sous scellés pour une enquête finalement classée sans suite. Guy, le frère de Georges, essaie de redonner vie au lieu, mais le cœur n’y est plus. Après une décennie compliquée, la ville de La Ciotat rachète le bâtiment en 1992. Autre avancée décisive pour sa sauvegarde : en 1996, l’Eden-Théâtre est classé monument historique et bénéficie de la protection attachée au code du patrimoine.

Rénovation

En 2013, la rénovation du cinéma nécessite 16 mois de travaux pour un budget de 7 millions d’euros. La cabine de projection est modernisée tandis que la salle conserve son aspect de 1889. La municipalité confie alors l’animation culturelle du cinéma à l’association Les Lumières de l’Eden, puis son exploitation commerciale (en DSP depuis 2016). Désormais doyen mondial des cinémas, l’Eden-Théâtre garde sa vocation de grand témoin du 7e art en diffusant les films qui ont marqué son histoire, tout en invitant de jeunes cinéastes à y présenter leurs réalisations. Un travail qui lui vaut d’être classé art et essai avec les trois labels en 2017 et de recevoir, l’an dernier à Deauville, une Mention spéciale du jury du Prix de la salle innovante, « pour sa capacité à allier tradition et modernité ». Pour la soirée d’anniversaire des 130 ans du 15 juin, le documentaire Les Trésors de Marcel Pagnol a été projeté en présence de Nicolas Pagnol, petit-fils de l’écrivain-cinéaste. 

La soirée d’anniversaire organisée dans la salle de l’Eden.
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