La Martinique referme ses cinémas, ailleurs en Outre-mer la profession s’adapte

Madiana de Schoelcher, Martinique ©Circuit Elizé

Les séances sont suspendues dans les salles martiniquaises depuis 19h mardi 10 août. Ailleurs en Outre-mer, malgré le reconfinement et le couvre-feu, les cinémas tentent de rester ouverts, envers et contre tout.

Face à l’intensification de la circulation du virus COVID-19 en Martinique malgré les mesures sanitaires du 13 puis du 30 juillet, la Préfecture a intensifié les restrictions. Parmi les établissements fermés figurent ceux de type L donc les cinémas, « jusqu’au 29 août à minuit inclus », en attendant une nouvelle évaluation et de nouvelles adaptations en fonction de la situation épidémiologique.

Sur l’île-département, depuis le début des mesures de confinement et l’instauration du couvre-feu à 19h, le Madiana de Schoelcher, le multiplexe historique de la famille Elizé, bravait pourtant la situation, proposant des tests antigéniques réalisés sur place à ses spectateurs, avec résultat en 15 minutes et multipliant la communication pour inciter son public à se déplacer « d’où que vous veniez au-delà des 10 km » (en précisant qu’il fallait cocher la case 7 de l’attestation).

Il faut en effet noter que bien que toujours autorisés à être ouverts dans les autres territoires ultramarins, où la flambée de l’épidémie est plus sévère, les cinémas souffrent de restrictions beaucoup plus strictes. De fait en Guadeloupe, où la population est confinée de 20h à 5h, le  multiplexe Cinestar, dans l’agglo de Pointe-à-Pitre, tout comme le D’Arbaud à Basse-Terre,  soit les deux cinémas privés de l’île, se sont résignés à fermer le 3 août. À La Réunion, où l’on ne peut sortir de chez soi après 18h, les séances ne sont programmées que de 10h à 16h maximum.

Les salles de Guyane, elles, ont eu le droit de rouvrir le 14 juillet, après avoir refermé mi-mai, au moment où celles de Métropole rouvraient. Mais le cinéma art et essai de Cayenne, L’Eldorado, n’a pu rallumer ses deux projecteurs qui sont… en panne. L’éloignement avec la Métropole rend toute intervention longue et laborieuse, sans parler de l’acheminement du matériel jusqu’à cette frontière amazonienne. Les exploitants, Serge et Patricia Pastor, ont lancé un appel aux élus pour être exonérés de l’octroi de mer en cas de rachat de matériel. La survie de leur établissement, un des seuls classés d’Outre-mer, est en jeu. 

L’Eldorado à Cayenne ©DR

Enfin, l’Agora de Matoury, exploité par le groupe Elizé, a rouvert ses six salles. La Guyane n’est pas soumise au couvre-feu comme aux Antilles, mais le passe sanitaire, alors que moins de 16 % de la population est vaccinée, limite sérieusement l’accès au cinéma.

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