Face aux blocages réglementaires contre son projet de fusion avec Warner Bros. Discovery, le patron de Paramount Skydance met sous pression le procureur général de Californie pour forcer des négociations.
Selon des informations rapportées par Variety, le dirigeant de Paramount Skydance menace de déménager le siège et les activités de son entreprise hors de Californie, si le procureur général de l’État, Rob Bonta, refuse de s’asseoir à la table des négociations. Pour rappel, 12 États américains, dont la Californie, ont intenté en juillet une action en justice pour bloquer le rachat de WBD, se basant sur les lois antitrust. David Ellison s’est déjà exprimé récemment dans le New York Times sur le fond, mais tente donc cette fois un coup de force stratégique. Début août, il a affirmé que le conseil d’administration de Paramount avait déjà approuvé ce déménagement. Si les discussions n’ont pas démarré d’ici le 1er octobre, le départ d’Hollywood sera officiellement engagé.
Le choix du 1er octobre ne doit rien au hasard. C’est à partir de cette date que Paramount devra s’acquitter d’une pénalité de retard (ticking fee) de 7 millions de dollars par jour en faveur des actionnaires de WBD, payable une fois la transaction finalisée. Le procès n’étant prévu qu’en mars 2027, la facture pourrait atteindre 1,2 milliard de dollars pour le studio si aucun accord n’est trouvé d’ici là. Tout en se disant confiant sur la victoire judiciaire face aux États, David Ellison préfère donc accélérer le calendrier. De son côté, Rob Bonta n’a pas encore précisé ses exigences mais a déjà prévenu : seules des mesures structurelles, telles que des cessions d’actifs, pourraient suspendre les poursuites.
Un plan d’exode sur cinq ans
Le plan dévoilé par Ellison prévoit le déménagement du siège exécutif de Los Angeles, suivi du transfert progressif de la majorité des emplois de production sur une période de cinq ans. Pour financer ce transfert, le groupe compte sur les incitations fiscales offertes par d’autres territoires. Parmi les destinations à l’étude figurent notamment la Géorgie, le Texas et le Tennessee.
L’annonce a pris de nombreux cadres de Paramount au dépourvu. Un départ de Californie, logistiquement complexe, risquerait d’entraîner une vague de démissions, alors même que des suppressions d’emplois sont anticipées en cas d’aboutissement de la fusion. Fin 2025, Paramount et WBD employaient à eux deux plus de 53 000 personnes dans le monde.
Pour concrétiser le rachat de WBD, Paramount s’appuie sur un engagement financier de 24 milliards de dollars provenant des fonds souverains de Saudi Arabia, du Qatar et des Émirats arabes unis. Ces fonds du Moyen-Orient détiendraient 38,5 % du nouvel ensemble, mais Paramount assure qu’ils ne disposeront d’aucun siège au conseil d’administration ni de droit de vote, écartant selon l’entreprise tout besoin de réexamen par les autorités fédérales de régulation des investissements étrangers.
De son côté, le 6 août dernier, l’autorité de la concurrence britannique a validé l’opération de fusion.


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