Fusion Warner-Paramount : David Ellison et les circuits américains prennent la parole

David Ellison lors de l'avant-première de Billie Eilish: Hit Me Hard And Soft - The Tour Live In 3D à Los Angeles le 6 mai 2026 © Kay Qiao/Image Press Agency pour Bestimage

À la suite du report de l’opération en 2027, le patron de Paramount Skydance s’est exprimé dans une tribune parue dans le New York Times, alors que la major a obtenu le soutien des deux plus grands circuits mondiaux.

Courant juillet, douze États américains avaient, sur la base des lois antitrust, intenté une action en justice pour bloquer la fusion Warner-Paramount. Une requête entendue par la juge Araceli Martínez-Olguín, qui a incité Paramount à repousser la date limite de clôture de l’opération au 1er juin 2027. Puis, mardi dernier, la juge a annoncé que le procès se tiendra pendant douze jours à compter du 2 mars 2027. En raison des multiples engagements de Paramount pour convaincre les actionnaires de Warner Bros. Discovery, ces reports risquent de coûter cher à la major, dont le patron s’est exprimé dans une tribune publiée le 4 août dans le New York Times.

Il y conteste l’argument selon lequel la nouvelle entité fusionnée nuirait à la concurrence par sa trop grande part de marché, étant donné qu’elle représenterait, selon ses calculs, « moins de 20 % du temps de visionnage total [que les Américains consacrent à la télévision]. En incluant YouTube, cette part chuterait aux alentours de 13 %. L’entreprise issue de la fusion ne représenterait que 18 % du box-office domestic sur les douze derniers mois, et seulement 22 % en moyenne sur les deux dernières années. Ces chiffres ne sont pas ceux d’une société capable d’imposer aux spectateurs ce qu’ils doivent regarder ou de dicter le niveau de rémunération des scénaristes ».

Ainsi, pour David Ellison, « ce combat ne porte pas vraiment sur les parts de marché », mais sur la défiance dont il fait l’objet en cas de possible acquisition de CNN. L’une des principales chaînes d’information des États-Unis fait régulièrement l’objet de critiques de la part de Donald Trump, alors que le patron de Paramount a davantage été décrit comme un partisan du président américain. Son père, Larry Ellison, patron du groupe Oracle, est le principal actionnaire de Paramount Skydance, et est un soutien proche de Donald Trump.

David Ellison se défend pourtant d’une quelconque appartenance politique, affirmant avoir « régulièrement voté pour des candidats des deux partis [Républicains et Démocrates, ndlr.] ». Tout en assurant que « nos journalistes continueront de rendre compte des faits et de servir le public », il note une grande méfiance du public envers les médias : « À une époque où une grande partie de ce qui envahit nos écrans est générée par des machines ou conçue pour susciter la colère, le journalisme produit par de véritables reporters est plus important que jamais. »

Le dirigeant de Paramount rappelle également les décisions actées depuis sa prise de fonction à la tête de la major, à l’été 2025 : « Nous avons presque doublé notre catalogue de sorties en salles, passant de huit films l’an dernier à quinze, et validé la production de 40 séries pour Paramount+. […] Nous avons augmenté nos investissements dans les contenus de 1,5 milliard de dollars. Nous avons pris cette décision avant même la signature de l’accord ou le dépôt de toute plainte, car produire davantage est au cœur même du projet d’entreprise que nous bâtissons. » David Ellison réitère enfin les engagements annuels pris pour la nouvelle entité Paramount-Warner : 30 films pour les cinémas, 170 séries télévisées pour les plateformes, et plus de 30 milliards de dollars d’investissements dans les contenus.

AMC et Regal apportent leur soutien

Dans ce contexte, Adam Aron, PDG d’AMC Theatres, a publié une tribune le 29 juillet dans Variety. Il y retrace le retour en force des cinémas après la pandémie qui a « durement touché les exploitants pendant plusieurs années ». Et alors que l’exercice 2026 marque un « renouveau » au sein duquel AMC a réalisé le meilleur trimestre de son histoire, « une autre étape importante laisse présager des jours meilleurs pour les cinéphiles », à savoir le projet de fusion entre Warner et Paramount. « Si certains craignent cette initiative, nous sommes fermement convaincus qu’il s’agit d’un pas en avant qu’il convient d’accueillir favorablement, précise Adam Aron. […] Il est crucial pour l’avenir du secteur que cette transaction soit finalisée au plus vite, afin que nous puissions tous capitaliser sur la dynamique qui, après six années difficiles, s’est enfin amorcée. »

Le PDG du leader mondial de l’exploitation critique alors la plainte déposée par les douze États américains qui « dénature complètement la réalité économique de notre secteur. […] Merci, mais non merci ». Il affirme, à l’inverse, croire aux engagements de David Ellison en faveur de la salle (30 films annuels et une fenêtre d’exclusivité allant de 45 à 90 jours minimum) qui « répondent aux deux besoins essentiels des exploitants. Si les procureurs généraux se soucient réellement de l’avenir des cinémas, ils devraient veiller à ce que la nouvelle entité tienne ses promesses. Chez AMC, nous comptons bien le faire ».

Une position partagée par Eduardo Acuna, PDG de Regal Cinemas, deuxième plus grand circuit d’exploitation mondial, dans un communiqué publié mercredi dernier. « Une longue bataille judiciaire se prolongeant jusqu’au printemps ou à l’été n’apporte pas plus de films dans les cinémas, et n’est bénéfique ni pour les studios, ni pour les cinéastes, ni pour les spectateurs, ni pour les exploitants. » Pour rappel, l’UNIC et Cinema United ont, pour leur part, exprimé leurs craintes quant à la potentielle fusion.

David Ellison lors de l'avant-première de Billie Eilish: Hit Me Hard And Soft - The Tour Live In 3D à Los Angeles le 6 mai 2026 © Kay Qiao/Image Press Agency pour Bestimage

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