Le 8 mars dernier, les Suisses étaient appelés à voter, par référendum, une baisse de la redevance sur le service public audiovisuel. Une campagne observée de près par le voisin français.
Pour rappel, en Suisse, cette redevance finance principalement la SSR (Société suisse de radiodiffusion et télévision), qui tire environ 80 % de ses revenus de cette taxe. L’initiative portée par la droite nationaliste (l’UDF) proposait de la baisser de 335 à 200 francs suisses (soit d’environ 40 %), tout en supprimant totalement la contribution des entreprises. Elle a été rejetée à 62 % des suffrages.
Mais le résultat du référendum n’a pas de quoi rassurer LaScam* française, qui souligne que, « battus dans les urnes, ceux qui mènent ces offensives auront tout de même réussi à imposer à la SSR une cure d’austérité historique ». Le gouvernement a en effet déjà décidé de réduire la redevance à 300 francs suisses d’ici 2029. Soit une réduction de «près de 270 millions de francs en moins pour la SSR, qui a annoncé la suppression de 900 postes », déplore LaScam, déjà à l’avant-poste de la défense de l’audiovisuel public en France, « où le financement pérenne de l’audiovisuel public n’est toujours pas assuré depuis la suppression de la redevance ».
C’est donc avec un intérêt décuplé que l’organisme observe les voisins suisses : « Malgré des campagnes virulentes, malgré un montant de redevance parmi les plus élevés d’Europe, la population [y] démontre une conscience de la nécessité d’un service public audiovisuel fort et indépendant. En rappelant ainsi cet enjeu fondamental, elle montre la voie. »
Pour mémoire, la Suisse avait déjà massivement rejeté en 2018 l’initiative “No Billag”, qui voulait supprimer purement et simplement la redevance et donc, de facto, le service public audiovisuel.
*Société civile des auteurs multimédia


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