Diminution des options artistiques au lycée : le cinéma se mobilise aux côtés des enseignants

La réalisatrice Eve Deboise rencontre les lycées en option CAV - © Languedoc-Roussillon Cinéma

Les diffuseurs se joignent à la pétition initiée par des enseignants, déjà signée par 300 personnalités de la culture, réagissant à la menace pesant sur l’éducation au cinéma dans les lycées.

« Les enseignements optionnels artistiques sont en train de disparaître : le nouveau baccalauréat les marginalise et ils sont les premières victimes de la diminution des heures allouées aux établissements. » Les enseignants de cinéma à Paris ont tiré la sonnette d’alarme dans une tribune intitulée « L’art n’est pas un bonus », publiée dans Libération le 15 février et mise en ligne sur change.org, signée, outre de nombreux enseignants, anciens élèves et parents d’élèves, par près de 300 personnalités du cinéma et de la culture. De Jacques Audiard à Valérie Zenatti, ils dénoncent la politique budgétaire restrictive qui risque de faire disparaître les enseignements optionnels artistiques et déplorent « un choix de société profondément injuste et totalement incompatible avec la mission républicaine de l’Éducation Nationale ». Et plus que jamais à l’heure de la crise sanitaire, les signataires réaffirment que « l’enseignement du cinéma crée des spectateurs, des esprits libres et ouverts sur le monde ».

Des organisations de cinéastes (l’ACID, la SRF…), de distributeurs (DIRE, SDI) et d’exploitants (AFCAE, CIP, GNCR…) soutiennent cette tribune, exprimant à leur tour leur inquiétude « de voir les options artistiques menacées au sein des lycées, et avec elles, le travail au long cours mené depuis des années par les enseignants et leurs équipes pédagogiques, en collaboration avec les professionnels du cinéma ».
Les acteurs de la diffusion cinématographique redoutent que « cette disparition annoncée, pour une offre de spécialité qui touchera un public beaucoup plus restreint, force les élèves les plus éloignés du monde de la culture à s’en passer complètement ». Et alors que l’éducation à l’image a été définie comme prioritaire par les autorités publiques et le CNC, elle est mise en danger par « cette décision structurelle et budgétaire du ministère de l’Éducation nationale, faisant porter aux seuls lycées l’organisation et le coût des heures d’options artistiques facultatives ».

Les signataires demandent donc au ministère de l’Éducation nationale et à celui de la Culture d’assurer la pérennité de ces options artistiques facultatives : « À rebours des politiques budgétaires restrictives, garantir à toutes et tous un meilleur accès à la culture implique de maintenir et développer une politique d’éducation à l’image forte en faveur du cinéma en France. »

Les signataires :
ACID – Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion
ACRIF – Association des Cinémas de Recherche d’Ile-de-France
AFCAE – Association Française des Cinémas Art et Essai
AFCA – Association Française du Cinéma d’Animation
L’Agence du court métrage
Carrefour des Festivals
CIP – Cinémas Indépendants Parisiens
DIRE – Distributeurs Indépendants Réunis Européens
FACC – Fédération de l’Action Culturelle Cinématographique
GNCR – Groupement National des Cinémas de Recherche
Images en Bibliothèques
Passeurs d’Images
ROC – Regroupement des Organisations du court métrage
SDI – Syndicat des Distributeurs Indépendants
SRF – Société des Réalisateurs de Films

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