Cannes 2026 : Le président du CNC défend le rôle central de l’action culturelle cinématographique

Le président du CNC, Gaëtan Bruel, était face aux adhérents de la FACC, au Café des Cinéastres de l’ACID. 17 mai 2026, Cannes © Boxoffice Pro/A.Algan

Gaëtan Bruel a rencontré, dimanche 17 mai au Café des Cinéastes de l’ACID à Cannes, la Fédération de l’Action Culturelle Cinématographique (FACC). Un échange direct avec les professionnels, dans un contexte de mise en œuvre des nouvelles coopérations entre l’État et les Régions et de fortes tensions sur les financements territoriaux.

L’échange, animé par Amélie Chatellier et Olivier Meneux – coprésidente et coordinateur général de la FACC –, a témoigné de l’engagement du président du CNC sur le terrain de la diffusion, de l’éducation aux images et l’avenir d’un modèle français qui doit plus que jamais remettre le public au centre de son équation. Pour Gaëtan Bruel, ce modèle, historiquement performant, doit désormais être consolidé face à l’évolution des usages de consommation des images : « Les termes de la rencontre entre les œuvres et les publics ne vont plus de soi. Il faut que les enjeux de l’action culturelle cinématographique soient ceux de toute la filière. »

Coopérations territoriales et sécurisation des financements

Face à des acteurs associatifs et culturels fragilisés par les diverses restrictions budgétaires de ces dernières années, « le pire, pour le président du CNC, serait de « de se donner de grandes ambitions sans les moyens qui vont avec ». 

Pour répondre à ces tensions, Gaëtan Bruel a rappelé le fonds de concours destiné à compenser les baisses de crédits DRAC dédiés à l’éducation aux images, à hauteur de 2,5 à 2,7 millions d’euros, avec l’objectif de « neutraliser les baisses de 2025 et de cette année 2026 pour revenir aux niveaux de 2024 ». Parallèlement, 14 conventions de partenariats renforcés ont été signées avec les Régions, celles-ci s’engageant notamment à stabiliser leurs crédits dédiés à la diffusion, aux salles, aux festivals et à l’éducation aux images.

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De son côté, la FACC a alerté sur la précarité croissante des intervenants de l’éducation aux images, souvent en première ligne dans la mise en œuvre des dispositifs sur les territoires, et appelé à l’ouverture d’un cadre de dialogue spécifique avec le CNC et les DRAC afin d’aborder les enjeux de statut, de rémunération et de pérennité des missions. 

La salle de cinéma comme ultime « détox numérique » 

Pour Gaëtan Bruel, les enjeux du cinéma dépassent aujourd’hui les simples cadres du divertissement et de la culture, pour devenir un véritable enjeu de santé publique et de cohésion sociétale. Devant la FACC, le président du CNC a ainsi redéfini le rôle fondamental des salles pour les années à venir, comme « lieux d’une détox numérique où on laisse nos portables de côté, où on réapprend le sens du collectif, où l’on essaye d’apporter un mieux-être dans les familles ». Un cap clair, ambitieux… et une marque de considération forte pour ces « premiers de cordée » de la diffusion culturelle et de l’éducation au cinéma et à l’image. Pour résumer : « On ne lâche rien ! »

Le président du CNC, Gaëtan Bruel, était face aux adhérents de la FACC, au Café des Cinéastres de l’ACID. 17 mai 2026, Cannes © Boxoffice Pro/A.Algan

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