La Ministre de la Culture était à Cannes ce 16 mai aux côtés du CNC, dont elle a défendu le modèle avec force, annonçant au passage des mesures autour de l’intelligence artificielle.
Catherine Pégard était très attendue au Festival de Cannes, où elle s’est adressée directement, pour la première fois depuis sa nomination rue de Valois, à l’ensemble des représentants de la filière. Après avoir officialisé, en début de semaine, un partenariat renforcé avec 14 Régions sur le volet de la diffusion, ainsi qu’un fonds pour l’éducation à l’image, la ministre a cette fois salué le modèle français dans son ensemble, à l’heure où CNC fête ses 80 ans, et souligné la nécessité de la régulation.
Face au défi de l’IA, Catherine Pégard veut défendre la création humaine. « L’acte de création est le propre de notre humanité. La création n’est pas la réutilisation », a déclaré la ministre, avant d’annoncer que les aides du CNC vont « très prochainement » intégrer cette notion. « Cela signifie que le CNC n’aidera pas demain une œuvre qui n’aurait pas d’auteur ». Dans la même logique, seule l’interprétation humaine pourra être soutenue, notamment s’agissant du doublage. La ministre a précisé qu’il ne s’agissait pas d’interdire l’usage de l’IA dans les œuvres soutenues, mais « que nous n’aiderons pas des œuvres où l’IA se substituerait aux créateurs au lieu de lui apporter des outils supplémentaires ».
Sur la politique en faveur de l’égalité hommes-femmes, après le bonus parité mis en place en 2019, Caroline Pégard a précisé que le principe du malus parité, annoncé l’an dernier, sera mis en place le 1er janvier 2027, de façon progressive. « Les productions qui ne respectent pas les objectifs de parité continueront à être valorisées, celles qui s’en écartent de façon trop manifeste s’exposeront à des pénalisations financières ».
L’enjeu européen
La ministre a rappelé que les ressources du CNC ont une seule finalité : « financer la création française dans toute sa diversité. Elle défendra ce principe dans chaque débat budgétaire face à chaque tentative de dévoiement », notamment pour que les taxes versées par les diffuseurs servent intégralement à financer la création, et que celles de plateformes « évoluent rapidement ».
Mais le modèle doit être conforté au niveau européen, et la ministre entend consacrer son séjour à Cannes à en convaincre ses homologues. D’abord dans le cadre du programme Agora EU, « pour qu’une enveloppe accrue soit véritablement dédiée à la création et à la production audiovisuelle et cinématographique, et tout particulièrement à la production indépendante », mais aussi pour conforter l’avancée majeure de la directive SMA.
Et pour favoriser le dialogue au niveau mondial, la ministre a rappelé que la France organisera le premier Sommet international sur le cinéma le 7 septembre prochain à Saint-Paul-de-Vence, coprésidé avec la Corée. « Ce sera le Sommet Lumière, appelé ainsi en hommage aux inventeurs français du cinéma il y a 130 ans, mais aussi à l’héritage universaliste du XVIIIe siècle et des Lumières ».

Partager cet article