Partenariats renforcés et éducation aux images : l’offensive du CNC dans les territoires

Le président du CNC Gaëtan Bruel, lors de son discours aux Rencontres nationales art et essai, Cannes, 11 mai 2026 © Boxoffoce Pro/J.Dreyfus

14 Régions s’engagent dans un partenariat renforcé avec le ministère de la Culture. Alors que l’information vient d’être officialisée par le ministère, le président du CNC Gaëtan Bruel détaillait ce matin, auprès de la presse, le nouveau pacte liant l’État aux collectivités territoriales sur le soutien à la diffusion, qui s’accompagne d’un appel à projets inédit de 700 000 € pour l’éducation aux images.

En France, « les deux tiers de la dépense culturelle sont portés par les collectivités », a rappelé Gaëtan Bruel, conscient de leur « désengagement à bas bruit » ces dernières années. Or les contraintes budgétaires locales se doublent, désormais, d’une menace encore plus « existentielle » pour la filière, qui doit « s’assurer que demain, on ait toujours des spectateurs devant nos œuvres ». C’est dans ce contexte, et alors que certaines régions, traditionnellement attachées au financement de la production, envisageaient de faire porter leurs coupes financières sur le soutien à la diffusion (salles, festivals, éducation aux images), que le ministère de la Culture et le CNC ont proposé un pacte inédit aux exécutifs régionaux.

14 des 17 Régions françaises (Outre-mer inclus)* ont accepté le « partenariat renforcé » proposé par le CNC, et donc pris l’engagement pour l’année à venir de ne pas baisser leurs crédits en faveur de la diffusion. En contrepartie de ce maintien, le CNC modifie son modèle de cofinancement, jusqu’ici fixé à 1 € de l’État pour 2 € de la collectivité – il avait été exceptionnellement porté à 1 € de l’État pour 1 € de la collectivité. « Le rapport s’inverse », explique Gaëtan Bruel, en décrivant un apport CNC de 2 €, voire 3 € pour 1 € de la collectivité. Les régions bénéficiaires de ce cofinancement inédit bénéficieront de feuilles de route « sur mesure » – comme dans le Grand Est pour relancer la fréquentation en zone rurale – et d’une association plus étroite aux décisions. 

À lire aussi │Cannes 2026 : Échos de l’AG de l’AFCAE avec le CNC

Parallèlement à ces partenariats renforcés avec les Régions, le CNC lance un appel à projets innovants pour l’éducation au cinéma et à l’image, doté de 700 000 €. Une manière d’accompagner le plan « révolutionnaire » annoncé par le gouvernement en novembre dernier. L’appel est ouvert jusqu’en juin, et les projets retenus – notamment parmi ceux déployables à plus large échelle – seront annoncés à l’automne. 

Par ailleurs, un « fonds de concours » de 2,7 M€ sera mis en place afin de compenser intégralement les baisses de budget des DRAC sur l’éducation aux images. « Donc, tout ça mis ensemble, l’État ne va pas se désengager d’un euro pour l’éducation au cinéma et à l’image », garantit Gaëtan Bruel.
En additionnant le coût des nouveaux partenariats renforcés avec les Régions, l’appel à projets sur l’éducation au cinéma, les fonds alloués aux DRAC, ainsi que les 250 000 € accordés aux associations territoriales de salles tout comme «un ensemble d’autres actions à préciser », le CNC consacrera 5 à 6 M€ à ces efforts sur la diffusion et l’éducation aux images. Et ceci, alors que le Centre évolue lui-même dans un contexte budgétaire restreint – notamment par l‘amendement Lavarde, qui amputera annuellement le budget CNC de près de 30 M€ de TST-E. Face à cette contrainte financière, le président du CNC a fait le choix de « ne pas faire peser ce plan d’économie sur le cinéma », d’autant plus lorsqu’il s’agit d’enjeux « fondamentalement égalitaires » comme la diffusion et l’éducation à l’image.

De son côté, la ministre de la Culture Catherine Pégard se réjouit « que la quasi-totalité des régions aient choisi de mener, aux côtés de l’État, cette bataille d’une plus grande maîtrise des écrans : ceux qui proposent une expérience collective de beauté et de vérité que l’on ne trouve nulle part ailleurs, ceux qui nous font lever les yeux et nous construisent en tant que citoyens de demain ».

* Seules la Guadeloupe, la Nouvelle-Aquitaine et les Pays de la Loire manquent à l’appel à ce stade, pour des raisons différentes. Ainsi, l’absence des  Pays de la Loire s’explique par le retrait récent et massif de la Région des dispositifs de soutien culturel, tandis qu’avec la Nouvelle-Aquitaine, particulièrement engagée dans la filière depuis de nombreuses années mais freinée aujourd’hui par un «

Le président du CNC Gaëtan Bruel, lors de son discours aux Rencontres nationales art et essai, Cannes, 11 mai 2026 © Boxoffoce Pro/J.Dreyfus

Les News