Allemagne : une réouverture des cinémas conditionnée pour le 22 mars

Le CineStar, Alexanderplatz à Berlin

Selon le plan dévoilé hier par le gouvernement fédéral, les cinémas allemands pourront reprendre les séances à partir du 22 mars, sous réserve des taux de contamination par région. HDF Kino, l’association des exploitants de cinémas du pays, réclame une reprise nationale uniforme.

L’Allemagne prépare son déconfinement. La chancelière et les dirigeants des Länder ont annoncé hier que les rassemblements privés de plus de cinq personnes seront autorisés le 8 mars, ainsi que la réouverture de certains commerces tels que les librairies. Les salles de spectacle et de cinéma, fermées depuis début novembre 2020, pourront accueillir leur public à partir du lundi 22 mars… Si le taux d’incidence de cas positifs hebdomadaire est compris entre 50 et 100 pour 100 000 habitants, les spectateurs devront présenter un test de dépistage du coronavirus négatif. À noter qu’en cas de dépassement de 100 cas positifs sur trois jours consécutifs, les règles de confinement de début mars re-entreront en vigueur.

L’importance d’ouvrir, tous ensemble 

« Nous sommes heureux que les cinémas soient spécifiquement mentionnés dans le plan d’ouverture actuel et soient considérés, comme les terrasses des restaurants, les musées et galeries comme des lieux relativement sûrs. Cela montre la reconnaissance de notre protocole sanitaire et de nos exigences par les dirigeants », a déclaré Christine Berg, du conseil d’administration de HDF KINO qui militait notamment, avec d’autres organisations, pour une réouverture des salles à Pâques.

Toutefois, l’organisme estime que cette reprise des séances, conditionnée au nombre de cas de contaminations, risque de ne pas être pas uniforme dans tout le pays. « Un coup dur et un obstacle majeur pour le lancement de nouveaux films », poursuit Berg. L’association préconise de mieux référencer, à l’échelle nationale, le nombre de personnes vaccinées, convalescentes ou testées dès que possible, ce qui permettrait « de dé-corréler les ouvertures des valeurs d’incidence ». 

Le masque non, une bonne ventilation, oui 

Par ailleurs, selon la HDF Kino, la consommation de nourriture et de boissons au cinéma est une ressource et un critère de rentabilité économique incontournable pour les exploitations non subventionnées par l’État : « Le port du masque obligatoire n’est pas compatible avec cela. »
En outre, les systèmes de ventilation haute performance et les mesures de distanciation physique ont été au centre des protocoles sanitaires des cinémas au moment leur première réouverture, qui s’est échelonnée du 15 mai au 30 juin 2020. « Aujourd’hui, il convient à nouveau de se référer à l’étude sur l’air respirable* réalisée par le TU (Université technique) Berlin en juillet dernier, qui prouve que les valeurs d’aérosols mesurées dans les cinémas ayant participé à l’expérience, étaient extrêmement faibles, même sans masque », rappelle l’association. Cette même étude est citée en France dans la tribune lancée hier par la SRF.

* Étude sur l’air respirable, réalisée par l’Institut Hermann Rietschel (HRI) au TU Berlin, juillet 2020

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