Le cinéma allemand milite pour une réouverture à Pâques

Odeon de Berlin ©Yorck-Kino

Plusieurs organisations d’exploitants et distributeurs d’outre-Rhin ont écrit à la Chancellerie afin d’établir une stratégie de reprise à l’échelle nationale.

Dans l’ombre depuis le 2 novembre 2020, les salles allemandes sont en quête de lumière, alors que le gouvernement, dans son plan de déconfinement en quatre étapes présenté en janvier, avait relégué la réouverture des cinémas au dernier plan. Si la colère avait animé dans la foulée la profession, cette dernière n’a pas tardé à réagir dans le but d’apporter des solutions à une situation toujours aussi dramatique. Le 9 février, les représentants des exploitants HDF Kino et AG Kino, les organisations de distribution G Verleih (Association des distributeurs indépendants) et l’Association des distributeurs de films (VDF), ainsi que l’Association fédérale des travailleurs locaux du cinéma (BkF) ont cosigné une lettre adressée à Angela Merkel pour présenter leur stratégie de reprise. Elles militent ainsi pour une réouverture autour de Pâques (week-end du 4 avril) pour toutes les salles du territoire, soulignant « la nécessité d’une perspective d’ouverture précoce et concrète afin de ne pas de laisser les énormes dégâts s’aggraver ».

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« Il est temps que la vie culturelle revienne en Allemagne, même si la pandémie n’a pas encore été surmontée », précise les signataires, qui notent que « l’industrie du cinéma, particulièrement touchée économiquement, a un besoin urgent de mise en perspective pour reprendre pied ». Les organisations professionnelles rappellent que les lieux culturels sont considérés comme « relativement sûrs » grâce à leur système de ventilation et leurs mesures d’hygiène renforcées. « Il serait difficilement compréhensible, et aussi extrêmement discutable juridiquement, que les commerces et les restaurants soient autorisés à ouvrir avant les sites culturels. » Les professionnels préconisent également une reprise unifiée, et non couplée « irrévocablement » à une valeur d’incidence régionale de sept jours ou valeur R : « Seule une stratégie d’ouverture uniforme à l’échelle nationale offrira la possibilité de pouvoir présenter de nouveaux films aux spectateurs. »

Selon une étude publiée par l’Institut Hermann-Rietschel (Université de Berlin) le 11 février, le risque de contagiosité est moindre dans les cinémas que dans d’autres lieux publics : « Sur la base d’un modèle d’évaluation du risque d’infection par le SRAS-CoV-2 via des particules d’aérosol chargées de virus, différents espaces intérieurs sont comparés les uns aux autres. Le nombre de personnes nouvellement infectées dans la situation par une personne déjà infectée est comparé. La valeur R liée à la situation dans les institutions culturelles (par exemple les théâtres, les cinémas) est inférieure à celle des salles de classe ou des bureaux par exemple. » Selon cette étude, si la distanciation physique et le port du masque sont bien respectés, les lieux culturels sont même les lieux clos où les risques de contagion sont les plus faibles.