À Deauville, la ministre de la Culture mise sur la magie du cinéma

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Aide aux distributeurs, campagne promo, transition écologique, revoyure de la chronologie des médias… Face aux professionnels au Congrès de la FNCF, Rima Abdul-Malak prend le pari de « renouveler la magie du cinéma à l’heure de la plateformisation de la société ». 

« Ce n’est pas qu’un enjeu économique, mais un enjeu civilisationnel », a insisté la ministre, avant d’annoncer une mesure exceptionnelle en faveur des distributeurs de films, à hauteur de 4 millions d’euros. Elle prendra la forme d’une augmentation des bonus versés sur les minimums garantis. Côté production, le CNC prolonge jusqu’en mars 2023 le fonds d’indemnisation pour les tournages.

La campagne de communication « pour susciter le désir de cinéma » débutera avant la période-clé des vacances de la Toussaint et durera un mois, autour de l’idée qu’« on a tous une bonne raison d’aller au cinéma ». Un concept facile à reprendre et à décliner, autour duquel tout un chacun – à commencer par les talents mais pas que – peut s’exprimer via des vidéos et les réseaux sociaux. « Cette campagne ne sera pas qu’un clip publicitaire, mais un vrai moment de mobilisation pour l’ensemble des citoyens. » 

Concernant le défi de la transition écologique, et celui, à très court terme, de la flambée des coûts de l’énergie, Rima Abdul-Malak a salué la récente charte des cinémas pour la sobriété énergétique et a annoncé que le fonds de soutien pourra être mobilisé pour les dépenses énergétiques. Outre la prolongation des aides aux entreprises grandes consommatrices d’énergie annoncées par Bruno Le Maire, la ministre veillera, avec le CNC, à ce que la plupart des cinémas puissent en bénéficier. Avec son plan Action !, le Centre accompagnera ces derniers sur leurs études et bilans carbones, « toutes ces données qui nous permettront d’orienter les décisions futures pour la transition écologique ». En outre, l’enjeu du passage à la projection laser, qui permet de consommer quatre fois moins d’énergie, a été bien identifié par les pouvoirs publics et fera l’objet d’un plan de remplacement co-construit avec la profession.  

Aussi, après le soutien de l’État pendant la crise, la ministre se déclare exigeante sur les engagements « clairs et forts » des professionnels en faveur de la diversité. « Oui nous attendons tous la sortie d’Avatar, mais elle ne doit pas se faire au détriment des films de la diversité. » Rima Abdul-Malak attend donc « des engagements de programmation et de diffusion conformes aux lignes directrices publiées par le CNC. C’est pour moi un enjeu de politique publique, et qui n’est pas incompatible avec les impératifs de fréquentation ». 
Enfin, sur la chronologie des médias, la ministre a confirmé la date du 4 octobre pour la réouverture des discussions. « Les évolutions sont beaucoup trop rapides, et la revoyure urgente aujourd’hui. J’y serai très attentive. »