Le cinéma de trois écrans du Quartier Latin inaugure ce 2 septembre la nouvelle version de sa salle Henri Langlois, après un mois et demi de travaux. Il devient le premier établissement indépendant de la capitale équipé de l’Atmos.
Depuis son rachat du Grand Action, en 2005, Isabelle Gibbal-Hardy cultive la volonté de rester à la pointe de la technologie. Une démarche qui a hissé le cinéma parisien au rang de référence pour les séances d’étalonnage et de vérification de films, ainsi que pour les projections privées de grands noms de l’industrie. Grâce à l’appui de 2avi, prestataire du Festival de Cannes, le Grand Action est même devenu « l’antichambre cannoise », selon sa directrice, la quasi-totalité des productions ou coproductions françaises diffusées sur la Croisette passant en amont par le cinéma du Quartier Latin. C’est donc dans l’optique « d’upgrader sa qualité » que la salle Henri Langlois – la plus grande de l’établissement avec 237 fauteuils, devant les salles Kelly Reichardt et Paul Vecchiali, de respectivement 78 et 27 places – a été équipée en Dolby Atmos. Cette même salle avait déjà obtenu le label Excellence de la CST en 2024, valable pour deux ans qui a été reconduite suite à cet ajout.
Désormais, et grâce au soutien de Frédéric Cattoni, ingénieur son du cinéma, 42 enceintes DK Audio et 5 caissons de basse (trois derrière l’écran et deux sur les murs latéraux) viennent renforcer l’immersion de la pièce dont l’isolation phonique a entièrement été repensée. Suivis par le cabinet de l’architecte Jean-Marc Lalo, ces travaux ont représenté un investissement de 450 000 € HT et nécessité la fermeture de la salle pendant un mois et demi à compter de la mi-juillet. Parallèlement, le Grand Action a fermé ses portes du 22 au 25 juillet pour l’installation d’un nouveau TGBT (tableau général basse tension). « Ce chantier nous a permis de nous mettre aux normes sur plusieurs parties de l’établissement, souligne Nathan Bouam, directeur technique. Nous avons aussi assaini la toiture de la grande salle et renforcé ses charpentes. »

Un espace premium pour toute séance
Par cet investissement, Isabelle Gibbal-Hardy et Nathan Bouam concrétisent un projet devenu indispensable face aux évolutions du secteur. Entre l’équipement du Grand Auditorium Lumière cannois en 2025 et les exigences techniques croissantes des plateformes, un nombre grandissant d’œuvres sont livrées en Atmos. « Jusqu’alors, les équipes effectuaient chez nous le mixage en 5.1 et 7.1, mais se déplaçaient ailleurs pour l’Atmos, explique le directeur technique. Ce sont des opportunités que nous pourrons désormais capter, d’autant que nous sommes le seul cinéma indépendant parisien à disposer de cet équipement. »
Plus largement, cette avancée bénéficiera à toutes les séances du Grand Action, et sera valorisée dans la communication de l’établissement. « Notre passage en Atmos sera aussi utile pour tous nos ciné-clubs, indique Isabelle Gibbal-Hardy. Nous en accueillons plusieurs comme ceux de l’AFSI (Association française du son à l’image) ou de l’AFCS (Association française des cadreuses et cadreurs Steadycam) qui constituent des moments de convivialité et de retrouvailles pour les professionnels. » Par ailleurs, une régie scénique a été mise en place pour compenser le manque de lumière lors des discussions avec la salle, et l’agencement des fauteuils a été revu par souci de confort : les sièges des rangées latérales ont été légèrement surélevés et réorientés vers le centre afin d’optimiser l’angle de vision des spectateurs. De plus, des fauteuils fixes remplacent l’ancienne rangée de strapontins située au fond de la salle ; ces derniers sont désormais disposés de part et d’autre de la grande allée centrale.
Maintenant que ces travaux sont terminés, Isabelle Gibbal-Hardy a un nouvel objectif : l’aménagement d’un espace bar. Si ce projet ne peut aboutir au sein de l’établissement, la directrice envisage de s’associer avec le restaurant La Table des Écoles, situé face au cinéma. Le Grand Action poursuit ainsi ses métamorphoses régulières, dans la lignée du chantier de 2021 (création de la troisième salle) ou de celui de 2019 (augmentation de la jauge et de l’isolation phonique de la salle Henri Langlois). « Qu’importe que nous soyons en 2020 ou en 2050, le Grand Action reste et restera un cinéma de son temps ! », conclut la directrice.


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