« La liberté de création se défend précisément lorsqu’elle devient difficile », estime le président du CNC, qui décide d’accompagner les professionnels de son secteur confrontés à des tentatives d’entrave à la liberté de création et de diffusion.
Réagissant aux appels au boycott qui ont conduit le cinéaste Nadav Lapid à renoncer à sa participation au FID Marseille, Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l’image animée, regrette profondément cet épisode « inquiétant, qui doit amener les citoyens comme les pouvoirs publics à s’interroger sur la capacité collective de la société française à garantir ces libertés et sur la possibilité même du débat lorsque des pressions – quelle que soit leur nature – s’exercent pour empêcher la présence ou la parole d’un artiste ».
Le président du CNC rappelle que Nadav Lapid n’est pas le représentant d’un gouvernement mais un cinéaste. « Et un cinéaste dont l’œuvre porte précisément un regard critique et souvent douloureux sur la société et le gouvernement de son pays. Réduire un artiste à son passeport revient à nier ce qui fait la singularité même de la création : son indépendance. »
Plus généralement, de nombreux festivals et institutions culturelles bénéficient du soutien de l’État et des collectivités précisément parce qu’ils exercent une mission d’intérêt général et permettent le débat. Et pour Gaëtan Bruel, « la liberté de création ne se défend pas seulement lorsqu’elle est confortable ou consensuelle ; elle se défend précisément lorsqu’elle devient difficile. C’est même souvent dans ces moments-là que la culture accomplit le mieux sa mission ».
Préoccupé par les atteintes à la liberté de création, mais aussi à la liberté de diffusion dans les lieux culturels, le CNC appelle d’abord à une vigilance et une mobilisation collective. De son côté, dans le cadre des politiques publiques de soutien à la création et à la diffusion, il accompagnera donc toutes les structures qui feraient l’objet de pressions, ou de tentatives d’entrave à leur liberté de création et de diffusion. Gaëtan Bruel a décidé de mettre à leur disposition une cellule d’accompagnement dédiée, joignable dès à présent à l’adresse libertedecreation@cnc.fr et qui permettra aux acteurs culturels confrontés à des difficultés de cet ordre d’être informés, conseillés et accompagnés.
Il rappelle également que la ministre de la Culture a engagé un plan d’action en ce sens, qui s’est notamment traduit par la désignation d’une haute fonctionnaire à la liberté de création ainsi que par la publication d’un guide pratique et juridique destiné à accompagner les professionnels confrontés à ces situations.


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