Nicolas Gorjux, premier adjoint au Maire de Cannes et président du Palais des Festivals et des Congrès, fait le point sur le parc de salles de la ville, alors que le cinéma Le Star rouvrira prochainement. Il évoque par ailleurs le succès du pôle d’excellence Cannes Bastide Rouge, ainsi que le projet du Musée international du cinéma.
Cannes a toujours eu à cœur de proposer une offre de salles dynamique en centre-ville. La réouverture prochaine du cinéma Le Star, rue d’Antibes, propriété de Starimmo, en est une nouvelle preuve…
Cannes est la ville du 7e art, de la créativité, et il est donc logique que nous travaillions au maintien des cinémas de centre-ville. En plus d’être des lieux de projection complémentaires durant la période du Festival, ces établissements participent à l’attractivité de la ville. L’offre culturelle qu’ils proposent se marie avec l’offre commerciale et de restauration et contribue à la vitalité économique. Pour favoriser ce dynamisme du parc de salles, nous menons une politique proactive en termes d’urbanisme et d’accompagnement des propriétaires. La réouverture du Star, fermé depuis 2016, est un fabuleux projet. Les travaux ayant pris un peu de retard, nous ne pouvons encore annoncer de date officielle concernant celle-ci. Elle aura probablement lieu en fin d’année ou début 2027. À l’issue de cette réouverture, le taux de fauteuils par habitant de Cannes, déjà l’un des plus importants de France, sera encore plus élevé.
À quoi ressemblera ce nouveau Star ?
Il occupera une superficie de 1800 m² répartis sur cinq niveaux et sera composé de quatre salles, qui représentent un total de 480 places. Le cinéma, dont la programmation sera plurielle, est situé dans un bâtiment qui accueillera aussi des enseignes commerciales.
Le Cineum, multiplexe situé dans le quartier de Cannes La Bocca, où se trouve également le pôle d’excellence Bastide Rouge, dédié à l’économie créative et aux métiers de l’image, fête son cinquième anniversaire…
Quand il a vu le jour, en 2021, le Cineum s’est imposé comme un complément à l’offre de cinémas en centre-ville, notamment parce que le Star était fermé. Dans l’intérêt des Cannois, mais aussi des festivaliers, il était vital d’avoir des salles supplémentaires, avec une programmation différente. Le Cineum a aussi permis de requalifier un point d’entrée de la ville de Cannes qui était jusqu’alors occupé par une friche industrielle à l’abandon. Enfin, sa construction s’est inscrite dans le projet porté dès 2014 par le maire, David Lisnard, de faire émerger un pôle créatif, où est notamment né, en 2021, le Campus Georges Méliès. Véritable succès, ce campus forme aux métiers des industries créatives et culturelles (ICC) et accueille plus de 1 200 étudiants. Cannes Bastide Rouge regroupe aussi une cité des entreprises [ses structures officient dans les ICC], une pépinière d’entreprises [ses structures s’illustrent dans les ICC et le numérique], et un hôtel d’entreprises [ses structures œuvrent dans les domaines du spatial, de l’agritech, etc.], qui, à elles trois, ont généré 160 emplois. À Cannes Bastide Rouge, on compte également des studios de tournage, de post-production, etc. C’est un endroit qui fourmille de créativité et d’innovation.
Où en est le projet du Musée international du cinéma ?
C’est l’un de nos dossiers prioritaires et nous sommes déterminés à ce qu’il aboutisse. Mais ce n’est pas simple. Nous devons composer avec des impératifs liés à la protection contre les risques d’inondation, et c’est pour cette raison que nous ne pouvons encore déterminer de lieu d’implantation, même si nous avons déjà plusieurs options. En parallèle, nous sommes confrontés à des problématiques de financements. Nous en cherchons des privés et des publics et avançons pas à pas. Nous profiterons du festival pour continuer à faire porter la voix de la Ville de Cannes concernant le projet du musée. D’ailleurs, le festival et son histoire auront une partie dédiée au sein de celui-ci.
Outre le Festival, la ville accueille d’autres manifestations liées au 7e art, comme Les Rencontres cinématographiques de Cannes ou La Semaine du cinéma italien…
Absolument. Ces manifestations, que nous soutenons, se poursuivent. Et, en 2025, nous avons créé le Festival international des films des écoles de cinéma, organisé avec le Poitiers Film Festival. Cannes est une ville cinéphile tout au long de l’année.
Propos recueillis par Lucas Fillon


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