Six organisations du cinéma expriment leur “soutien plein et entier au CNC”

Après la mise en cause de la commission Fonds d’aide à la création sur les plateformes sociales du CNC et les attaques récurrentes sur son fonctionnement, l’ACID, l’ADDOC, la Guilde des scénaristes, L’ARP, le SCA et la SRF appellent les responsables politiques à « la défense de la souveraineté culturelle de notre pays ».

Le 22 avril, le président du CNC a adressé aux membres de ses commissions un courrier pour éclairer les décisions de suspendre le fonds d’aide à la création sur les plateformes sociales. Gaëtan Bruel y soulignait aussi le besoin de l’appui de l’ensemble des professionnels des filières que le CNC soutient. Dans la foulée, six organisations professionnelles réaffirment « leur soutien plein et entier au CNC, à ses agents, et à l’ensemble des membres de ses commissions » et s’indignent du déferlement, sur les réseaux sociaux, « de contre-vérités grossières sur le financement du CNC et sa supposée orientation idéologique », y compris des menaces envers les agents du Centre. Gaëtan Bruel s’est résolu à suspendre temporairement les travaux de cette commission, en précisant que sur 740 projets aidés en 8 ans, seuls 30 cas ont été problématiques. « Nous déplorons que le CNC ait été contraint de céder à ces attaques sans aucun soutien effectif des responsables politiques et appelons à la réouverture de ce dispositif ou de son équivalent », déclarent les cinéastes de la SRF, de L’ARP, de l’ACID, du SCA, de l’ADDOC et de la Guilde des scénaristes.

Ils rappellent que les commissions du CNC sont composées de professionnels issus d’horizons différents et complémentaires, présents dans toute la chaîne de fabrication et de diffusion des films. « Leur expertise ne relève pas de leurs opinions, mais se base sur des critères d’inventivité formelle et de pertinence artistique. » Citant les chiffres de soutien à la création (autour de 3 % pour l’aide aux films courts et autour de 10 % pour l’avance sur recette), part minoritaire d’un secteur industriel parmi les plus concurrentiels, ils soulignent que le système de financement public du cinéma français « est à l’opposé d’un quelconque et fantasmé “entre-soi de gauche” où tous se partageraient ses subsides ».

Autre réalité factuelle : « La France est l’un des pays européens où la part publique dans le financement des films est la plus faible (27 % pour les films d’initiative française contre 47 % pour les films européens en 2025), et en même temps celui où la part de marché des films nationaux est la plus haute. » Sachant aussi combien les films français sont distingués, programmés et plébiscités dans le monde, ils rappellent surtout, « aussi longtemps qu’il le faudra, que le budget du CNC ne vient pas de “l’argent des Français” mais dépend uniquement de taxes sectorielles acquittées par les éditeurs, distributeurs, plateformes et exploitants lorsqu’ils diffusent des films, quels qu’ils soient ».

Il faut se souvenir aussi qu’en 1946, « la création du CNC a été l’objet d’un large consensus qui réunissait l’ensemble des forces politiques de la droite à la gauche », répondant déjà à une question de souveraineté culturelle et d’accès à la culture pour tous. Aussi, les signataires en appellent « les responsables politiques et toutes les personnes attachées à la vivacité du cinéma et de tous les secteurs audiovisuels français, à dénoncer avec nous ces fossoyeurs et leurs attaques contre son pilier, le CNC, et à prendre la défense de la souveraineté culturelle de notre pays ».

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