Pour Roselyne Bachelot, le nombre de films à la réouverture « est un problème de riche »

En attendant la réouverture, au Diagonal de Montpellier

La ministre de la Culture a fait le point sur les conditions de réouverture des lieux culturels ce matin sur France Inter, tandis que le nouveau protocole sanitaire des cinémas a été validé hier par le comité interministériel. 

Roselyne Bachelot a rappelé le « modèle résilient » qui lui est cher, et les étapes progressives de la réouverture, pour l’ensemble des lieux culturels, qui permettront cette fois de s’adapter à l’évolution de la situation sanitaire. « À tout moment on pourra allonger une période ou la raccourcir, justement pour éviter le stop-and-go qui est absolument mortifère.» Elle a confirmé que la perte de chiffres d’affaires entraînée par la réduction des jauges sera compensée par l’État, qui pourra « intervenir de la même façon pour les lieux qui resteront fermés, et ceux qui décident de rouvrir ». 

Pour les spectacles accueillant entre 800 et 1 000 personnes, notamment les festivals de musique cet été, la ministre est revenue sur le fameux pass sanitaire, finalement adopté cette nuit à l’Assemblée nationale après un premier vote contre. Il faudra donc présenter un test négatif au Covid- 19 ou un certificat d’immunité pour assister à un spectacle en plein air, mais pas un pass vaccinal, ce qui le rend acceptable pour Roselyne Bachelot. « Je suis militante de la vaccination, mais respectueuse de la liberté de chacun de se faire vacciner ou pas. »

En ce qui concerne les cinémas et le nombre de films à la réouverture, « il faut se réjouir que nous ayons 150 films français en attente et que l’industrie cinématographique soit puissamment aidée dans notre pays ; c‘est un problème de riche », estime Roselyne Bachelot, qui rappelle que les tournages ont pu se poursuivre grâce aux mesures mises en place. « Qu’aurait-on dit si on n’avait pas de films à montrer aux spectateurs ? ». Rappelant que « l’Autorité de la concurrence a permis de déroger aux règles habituelles » pour que les distributeurs puissent s’entendre, la ministre estime que nous avons « une sorte de fenêtre, pendant trois mois, qui permettra d’exposer les films français en attendant les blockbusters américains qui n’apparaîtront qu’à la rentrée ». Et pour ceux qui, malgré tout, demanderont une dérogation à la chronologie des médias, « c’est une solution qu’il faut accepter ».

Quant à l’accueil du public, le nouveau protocole sanitaire des cinémas a été validé mardi par le Comité interministériel de crise. Comme prévu, il définit trois configurations en fonction des phases de réouverture : une réouverture le 19 mai avec une jauge limitée à 35 % de la capacité de la salle et une distanciation physique de deux fauteuils entre chaque spectateur individuel ou chaque groupe de 6 spectateurs maximum. À partir du 9 juin, la jauge passera à 65 % avec une distanciation d’un fauteuil entre chaque spectateur individuel ou chaque groupe de 6 spectateurs maximum. Enfin, le 30 juin marquera la fin de toutes les restrictions… et le début de la Fête du cinéma !
Le protocole rappelle aussi que le masque est obligatoire dans tout le cinéma, y compris pendant la séance, pour les spectateurs de 11 ans et plus. Il est aussi recommandé pour les enfants entre 6 et 11 ans.