Polémique : Netflix intègre la MPAA

Nouvelle étape majeure dans l’intégration du géant du streaming dans l’industrie du cinéma : Netflix fait partie, depuis le 22 janvier dernier, de la puissante Motion Picture Association of America.

L’entrée de l’outsider dans ce club interprofessionnel très fermé, qui défend les intérêts des six plus grands studios hollywoodiens sur le territoire américain (Paramount Pictures, Sony Pictures, 20th Century Fox, Universal Pictures, Walt Disney Studios Motion Pictures et Warner Bros. Entertainment Inc.), était controversée jusque parmi les membres de la MPAA. Reste que selon certaines « sources proches du dossier », ce sont ces studios mêmes qui auraient enjoint Netflix à les rejoindre. De quoi renforcer le lobbying d’une structure placée en première ligne de la lutte anti-piraterie aux États-Unis, et qui en outre s’apprêtait à voir baisser son nombre d’adhérents – et ses sources de financement – de 6 à 5 une fois la fusion des actions Fox avec Walt Disney finalisée. « Tous nos membres se sont engagés à faire progresser l’industrie du film et de la télévision, à la fois dans la manière dont nous racontons les histoires et dont nous touchons le public« , a déclaré le président de la MPAA Charles Rivkin. « L’intégration de Netflix va nous permettre de défendre encore plus efficacement la communauté mondiale des créateurs-conteurs, et je me réjouis de ce que nous allons pouvoir accomplir ensemble.« 

Netflix devient ainsi la première entreprise internet à intégrer la MPAA, confirmant les coalitions d’une époque de grande transition où les services de streaming (Netflix, mais aussi YouTube, Amazon, Apple) font de gros investissements en matière de contenu créatif et où les majors historiques de cinéma devenues de grosses entreprises media s’apprêtent à lancer leurs propres services de SVOD (Walt Disney, Warner, et plus récemment NBCUniversal). À l’occasion de cette nouvelle adhésion, la MPAA a d’ailleurs rappelé ses missions, entre autres, de protection de la propriété intellectuelle de ses membres « sur tous les écrans » et de soutien de « modèles de distribution innovants qui offrent un éventail toujours plus large de choix de visionnages aux publics du monde entier« .

Côté salles de cinéma, les tensions restent très actives entre Netflix et les grands circuits américains d’exploitation. Un des derniers épisodes en date a vu le trio leader AMC, Regal Cinemas et Cinemark Theatres refuser de programmer Roma dans le cadre de leurs reprises respectives suivant les nominations aux Oscars. « Cette année, les membres de l’Académie [des Oscars, ndlr] ont nommé un film qui n’a pas pu être diffusé dans nos salles. Pour cela, il n’est pas inclus dans notre programmation des meilleurs films de l’année« , a déclaré AMC Cinemas.