Le public du cinéma en 2025 : les occasionnels et la province gagnent du terrain

© Pauline Iakovleva

Au-delà des 156,2 millions d’entrées enregistrées dans les salles françaises en 2025 (en recul de 14 % sur un an et de 26,8 % par rapport à 2019), l’étude du CNC sur la composition du public met en lumière l’évolution des habitudes de fréquentation, marquée par la progression des spectateurs occasionnels et des territoires hors des grandes agglomérations.

Selon la dernière étude dédiée du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC)*, 62,9 % des Françaises et Français sont allés au moins une fois au cinéma au cours de l’année écoulée, soit 40,9 millions de personnes âgées de 3 ans et plus. C’est 900 000 spectateurs de moins qu’en 2024 (-2,3 %) et 2,1 millions de moins qu’avant crise sanitaire (-4,8 % par rapport à 2019).

Les seniors plus assidus que les jeunes

Les 50 ans et plus constituent toujours le socle de la fréquentation des salles. Ils ont représenté 43,4 % des entrées en 2025 (contre 44,3 % un an plus tôt), pour l’équivalent de 67,8 millions d’entrées (-15,8 % sur un an). Ils demeurent également les spectateurs les plus réguliers, se rendant en moyenne 4,9 fois au cinéma dans l’année, contre 3,8 pour l’ensemble du public. L’intensité de fréquentation des 60 ans et plus est même plus forte, avec une moyenne de 5,2 entrées.

À l’inverse, si les moins de 25 ans restent la catégorie d’âge la plus largement touchée par le cinéma – avec un taux de pénétration de 78,6 %, contre 67,1 % pour les 25-49 ans et 50,2 % pour les seniors –, ils ont moins fréquenté les salles en 2025. Ils sont 13,3 millions à avoir vu un film au cinéma dans le courant de l’année (-4,6 %), pour un total de 43,7 millions d’entrées, en recul de 25,7 %. Leur fréquence moyenne chute à 3,3 entrées par spectateur, contre 4,2 en 2024, avec, toujours, une appétence particulière pour les films d’animation et d’horreur.

La tranche des 25-49 ans se distingue, elle, par une relative stabilité : 13,7 millions de spectateurs en 2025 (-0,4 %). Elle est même la seule catégorie à enregistrer une progression des entrées, puisqu’elle a représenté 44,7 millions de billets (+5,6 %), soit 28,6 % de la fréquentation totale, contre 23,3 % en 2024. Ces spectateurs sont venus en moyenne 3,3 fois au cinéma dans l’année, contre 3,1 fois en 2024.

Les occasionnels portent la fréquentation

L’étude détaillée confirme par ailleurs le poids croissant des spectateurs occasionnels dans la fréquentation. 73,6 % du public de 2025 était composé de cette catégorie de spectateurs qui vont au cinéma moins d’une fois par mois, soit le deuxième plus haut niveau observé par le CNC depuis le lancement de son étude en 2016, derrière 2023 (74,1 %). Au total, 30,1 millions d’occasionnels (-0,3 % sur un an et +1,2 % par rapport à 2019) ont généré 67,3 millions d’entrées, en forte hausse par rapport à 2024 (+27,1 %) comme à 2019 (+19,5 %). Leur fréquence moyenne progresse également, à 2,2 entrées par spectateur contre 1,8 en 2024.

À l’inverse, les habitués – fréquentant les salles au moins une fois par mois – poursuivent leur recul. Ils représentent 23,4 % du public et 38,6 % des entrées, leur plus faible niveau hors période de crise sanitaire depuis le lancement de l’étude. Leur fréquence moyenne diminue nettement, à 6,3 entrées par spectateur, contre 8,2 en 2024 et 9,1 en 2019.

Même tendance chez les assidus, qui se rendent au cinéma au moins une fois par semaine. Ils ne sont plus que 1,2 million en 2025, soit une baisse de 11 % sur un an et de 23,2 % par rapport à 2019. Ils représentent désormais 3 % du public et 18,4 % des entrées, avec une fréquentation moyenne ramenée à 23,1 entrées par spectateur, contre 31,6 en 2024 et 31,3 en 2019.

Les territoires ruraux et les petites agglos renforcent leur poids 

La répartition du public selon le lieu de résidence reste globalement stable sur la décennie. En 2025, 37,6 % des spectateurs résidaient dans des zones rurales ou des agglomérations de moins de 20 000 habitants, 13,1 % dans des agglomérations de 20 000 à 100 000 habitants et 49,3 % dans des agglomérations de 100 000 habitants ou plus, dont l’agglomération parisienne. 

Les habitants des zones rurales et des agglomérations de moins de 20 000 habitants continuent de renforcer leur contribution à la fréquentation des salles : ils ont représenté 34,2 % des entrées en 2025, soit 3,2 points de plus qu’en 2024 et 2,6 points de plus qu’en 2019. La part des habitants des agglomérations de 20 000 à 100 000 habitants progresse également, à 13,5 % des entrées (+2,7 points sur un an et +2,3 points par rapport à 2019), portée notamment par les villes de 50 000 à 100 000 habitants.

Les plus assidus demeurent néanmoins les habitants des grandes agglomérations, avec 4,1 entrées en moyenne, contre pour rappel 3,8 pour l’ensemble du public. Ce recul de la fréquentation moyenne – par rapport à 2024 (5,1) et 2019 (6) – est particulièrement marqué dans l’agglomération parisienne, où elle est passée de 7,4 entrées en 2019 et 5,3 en 2024 à 3,6 en 2025.

* d’après l’enquête CinExpert de Vertigo Research

Retrouvez l’intégralité de l’étude CNC par ici.

© Pauline Iakovleva

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